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Actualités - Analyse

Le recrutement aux A.E. : fortes réticences parlementaires

Au grand dam du Conseil de la Fonction publique, le Conseil des ministres veut autoriser le Palais Bustros à recruter lui-même des éléments de deuxième et troisième catégories pour compléter les effectifs de ses ambassades. Le projet doit cependant obtenir d’abord l’aval de la Chambre où nombre de députés s’y déclarent opposés, pour les raisons suivantes:
— Cela créerait un précédent autorisant tout ministère à organiser un examen simple de recrutement sans passer par le Conseil de la Fonction publique qui, lui, procède par voie de concours. Or, si l’on a mis en place le CFP c’est, entre autres, pour éviter que les départements ne recrutent à leur guise ce qui favoriserait pistons, passe-droits, népotisme, clientélisme et se ferait aux dépens des critères de compétence requis comme des vrais besoins de l’Administration. Les ministères, leurs ministres et directeurs généraux deviendraient juge et partie, ce qui est inadmissible. Dernièrement, le ministère des Emigrés a organisé des tests pour la désignation d’attachés et nombre de ceux qui y ont été déclarés admis avaient auparavant échoué dans les épreuves organisées par le CFP pour recruter des diplomates...
— Il existe en effet une différence fondamentale entre l’examen de passage, à l’issue duquel le ministre prend qui il veut parmi ceux qui ont obtenu la moyenne, et le concours du CFP où seul compte le classement, donc la valeur intrinsèque des candidats.
— Pour passer de la troisième à la deuxième catégorie un fonctionnaire doit obligatoirement avoir suivi un stage à l’Institut national d’Administration et de Développement. Il faut aussi qu’il ait au moins huit années d’ancienneté, pour acquérir l’expérience professionnelle requise. Comment peut-on dès lors recruter tout de suite, à la suite d’un simple test, des fonctionnaires de deuxième catégorie, surtout pour des postes aussi sensibles que ceux de la carrière diplomatique?
— Le pouvoir ne semble pas savoir ce qu’il veut: voici quelque temps il a décidé de ne plus recruter car les caisses sont vides. En outre, beaucoup de ministères ont un personnel pléthorique, l’excédent pouvant être recyclé et redistribué de manière à combler les brèches là où il s’en trouve... Cette orientation, tout à fait pertinente, a été brusquement abandonnée sans justification.
— La récente désignation d’attachés à l’émigration a fait pousser les hauts cris au Palais Bustros, notamment parce qu’elle va coûter à l’Etat pour cette seule année plus de cinq milliards de L.L. Une logique que le Palais oublie très vite quand il s’agit de ses propres projets et le recrutement qu’il propose, rajouté à la contestable ouverture d’ambassades nouvelles à l’étranger, va coûter à un Trésor libanais exsangue plus de 15 millions de dollars, soit plus de 23 milliards de L.L.... Cette boulimie de représentation est d’autant plus étonnante que déjà du temps du président Rachid Karamé le Liban songeait, par souci d’épargne, à réduire le nombre de ses ambassades et s’il y a renoncé (à quelques exceptions près) c’est parce que les émigrés, notamment en Afrique, ont mis généreusement la main à la poche...
— Au lieu de dépenser à tout-va, le gouvernement ferait mieux de ne pas recruter, de fermer des ambassades, de renvoyer les fonctionnaires qu’il a en trop, mais aussi supprimer des ministères, des Conseils administratifs et autres offices autonomes qui font double emploi. Avant de matraquer le contribuable, de le pressurer à mort, c’est par une telle politique d’austérité que l’on commence quand on prétend vouloir réduire le déficit budgétaire...
— Si on admet le principe du recrutement par désignation à peine camouflée, alors chacun, ministre ou député, voudra sa part et pour contenter le plus de monde possible on prendrait bien plus de fonctionnaires qu’il n’en faut...
E.K.
Au grand dam du Conseil de la Fonction publique, le Conseil des ministres veut autoriser le Palais Bustros à recruter lui-même des éléments de deuxième et troisième catégories pour compléter les effectifs de ses ambassades. Le projet doit cependant obtenir d’abord l’aval de la Chambre où nombre de députés s’y déclarent opposés, pour les raisons suivantes:— Cela créerait un précédent autorisant tout ministère à organiser un examen simple de recrutement sans passer par le Conseil de la Fonction publique qui, lui, procède par voie de concours. Or, si l’on a mis en place le CFP c’est, entre autres, pour éviter que les départements ne recrutent à leur guise ce qui favoriserait pistons, passe-droits, népotisme, clientélisme et se ferait aux dépens des critères de compétence requis comme des vrais besoins...