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Actualités - Chronologie

Salon du Bourget : la reprise du commerce masquée par la politique

LE BOURGET (France), 22 Juin (AFP). — La menace d’une guerre commerciale entre l’Europe et les Etats-Unis sur la fusion Boeing-McDonnell Douglas et l’incertitude sur les restructurations industrielles en France ont dominé le 42e salon du Bourget (près de Paris) qui s’est achevé dimanche, masquant une nette reprise des affaires.
Près de 60 milliards de francs de contrats ont été annoncés pendant la plus grande foire aux avions du monde, avec des secteurs très porteurs comme l’aviation d’affaires ou l’aviation régionale, ainsi que de nombreux accords de partenariats.
Mais dans les domaines les plus en vue, les gros avions civils — Airbus, Beoing ou McDonnell Douglas — et l’aviation militaire, l’actualité s’est concentrée sur des enjeux plus politiques.
Arrivé au salon avec plus de commandes en stock que son grand concurrent Boeing, le consortium européen Airbus repart avec un bilan encore meilleur, ayant engrangé 71 commandes ou intentions d’achats pour 3,5 milliards de dollars. La plus spectaculaire porte sur 50A319 de la part de Northwest airlines.
Boeing a annoncé 21 commandes ou intentions d’achat portant sur 1,7 milliard de dollars contre plus de 6 milliards de commandes annoncées en septembre au salon de Farnborough (Grande-Bretagne).
«Les avionneurs retiennent généralement leurs annonces de contrat jusqu’aux salons, mais cette année Boeing les a retenues pendant le salon également» pour ne pas donner des armes à ceux qui l’accusent d’avoir des ambitions monopolistiques, estime un observateur européen du secteur.
Au Bourget, l’avionneur de Seattle a offert un profil bas, avec le souci manifeste de ne rien faire qui puisse agacer les autorités de la concurrence américaine ou européenne qui doivent donner en juillet leur avis sur le projet de fusion Boeing-McDonnell Douglas.

Chantage à l’emploi

Les Européens contestent cette fusion qui créera un mastodonte contrôlant plus de 80% du parc d’avions en service dans le monde. Ils refusent aussi les «contrats d’exclusivité» passés par Boeing avec trois grosses compagnies américaines, qui ferment la concurrence à Airbus, et demandent un réexamen de l’accord Europe-Amérique de 1992 limitant les subventions à l’industrie.
M. Pierson, administrateur-gérant d’Airbus Industrie, a jugé les contrats d’exclusivité illégaux, et des menaces à peine voilées de rétorsion commerciale à l’encontre de Boeing ou des compagnies aériennes en question ont été proférées.
Pour seule réplique, Boeing s’est borné à faire valoir qu’il générait des milliers d’emplois en France et en Europe, une façon de suggérer aux Européens: «N’ouvrez pas les hostilités, sinon vous n’aurez plus les emplois».
Mme Sally Bath, représentante du ministère américain du Commerce chargée du dossier de l’aéronautique civile, a affirmé que les Etats-Unis ne voulaient pas d’une guerre commerciale. Mais elle a néanmoins fortement réfuté les arguments des Européens.
Côté militaire, le salon du Bourget a été marqué par un événement assez inattendu, la relance du programme d’avion de transport militaire européen (ATF), donné pour quasi-mort, ainsi que par la signature de l’industrialisation de l’hélicoptère franco-allemand Tigre.
La France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et la Turquie ont lancé l’appel d’offres pour l’ATF, même si les questions de financement sont encore loin d’être résolues. Ce qui a coupé l’herbe sous les pieds des Américains qui avaient fait une offensive commerciale pour leurs propres avions de transport C130J (Hercules) et C17.
Côté restructurations, aussi bien sur le dossier de la transformation d’Airbus en société privée que sur la fusion Dassault-Aerospatiale ou la privatisation de Thomson CSF, le salon a laissé plus de questions que de réponses.
LE BOURGET (France), 22 Juin (AFP). — La menace d’une guerre commerciale entre l’Europe et les Etats-Unis sur la fusion Boeing-McDonnell Douglas et l’incertitude sur les restructurations industrielles en France ont dominé le 42e salon du Bourget (près de Paris) qui s’est achevé dimanche, masquant une nette reprise des affaires.Près de 60 milliards de francs de contrats ont été annoncés pendant la plus grande foire aux avions du monde, avec des secteurs très porteurs comme l’aviation d’affaires ou l’aviation régionale, ainsi que de nombreux accords de partenariats.Mais dans les domaines les plus en vue, les gros avions civils — Airbus, Beoing ou McDonnell Douglas — et l’aviation militaire, l’actualité s’est concentrée sur des enjeux plus politiques.Arrivé au salon avec plus de commandes en stock que...