La controverse vient à nouveau d’être alimentée par le soutien apporté par l’administration Clinton à la candidature du général d’aviation Joseph Ralston au poste de chef d’état-major interarmes, malgré une affaire d’adultère vieille de quatorze ans.
Le secrétaire à la Défense William Cohen a plaidé pour la tolérance en apportant son soutien inconditionnel au général, estimant que le récent «délire» autour des allégations sur la vie sexuelle des militaires détruisait sans nécessité l’existence des intéressés.
Ces propos ont semblé particulièrement mal placés à certains, quelques jours à peine après une autre affaire d’adultère dans l’armée, qui a anéanti la carrière prometteuse d’une jeune pilote de bombardier B-52, le lieutenant Kelly Flinn. Pour échapper à la cour martiale, elle avait dû donner sa démission.
Au Congrès, plusieurs parlementaires ont critiqué le Pentagone, accusé d’avoir deux poids deux mesures, les militaires de haut rang semblant être traités avec plus de ménagement que leurs subalternes dans les affaires de délits sexuels, et les femmes plus sévèrement que les hommes.
«Si le lieutenant Kelly Flinn avait été traitée avec la même sympathie et compassion que le général Ralston, elle serait restée dans les forces de l’air à piloter des B-52», a estimé une représentante démocrate de l’Etat de New York, Nita Lowey.
«Que ce soit une question de rang ou de sexe, cela reste deux poids deux mesures et ce n’est pas acceptable», a renchéri un autre parlementaire, Charles Schumer (démocrate de New York).
Lettre
écarlate
Depuis «la lettre écarlate» des Puritains du XIXe siècle exposant les coupables à l’opprobre public, les Etats-Unis ont désavoué l’adultère avec plus de sévérité que d’autres sociétés occidentales.
Plus de la moitié des Etats américains ont des lois contre l’adultère, qui est toujours considéré comme un crime dans le code de justice militaire.
Le nombre d’Américains qui désapprouvent l’adultère sur des bases religieuses et morales, aidées par la crainte du Sida, ne cesse en fait d’augmenter: 78,5% y étaient opposés en 1996 contre 69,8%, en 1973, selon une étude publiée par l’Université de Chicago. Un sondage de l’institut Gallup montre que 93% des Américains pensent que pratiquer l’adultère est mal.
Paradoxalement, le temps où des rumeurs d’infidélité pouvaient suffire à briser les carrières politiques comme celle du candidat démocrate Gary Hart en 1988 lors de la campagne présidentielle, paraît révolu.
Avant sa première élection en 1992 Bill Clinton , accompagné de Hillary, a discuté publiquement à la télévision de ses problèmes d’infidélité.
Et malgré les derniers rebondissements de l’affaire Paula Jones et ses accusations de harcèlement sexuel, la cote de popularité de Bill Clinton ne semble pas avoir été affectée.
Un sondage CNN/USA Today/Gallup indique que 57% des Américains approuvent l’action présidentielle de Bill Clinton, contre 54% en mai, selon l’enquête réalisée après le refus par la Cour suprême d’accorder au président l’immunité juridique provisoire qu’il demandait dans cette affaire.
Et 62% des personnes interrogées pensent que les questions sur l’intégrité de M. Clinton dans cette affaire n’ont pas de rapport avec l’opinion que l’on peut avoir de son travail.


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