Ce rapport de sept pages préconise un soutien limité mais significatif du Japon aux forces américaines en cas de situation d’urgence dans une zone proche de l’archipel nippon.
La coopération militaire américano-japonaise existante se limitait jusqu’à présent au seul territoire japonais en cas d’attaque directe.
«Les deux gouvernements mèneront un effort bilatéral, incluant une planification bilatérale, de façon à assurer une coopération efficace en cas d’attaque armée contre le Japon et de crises dans les régions proches du Japon», souligne ce document.
Si la situation l’exige, les forces d’autodéfenses japonaises (SDF) prendraient part à des opérations défensives «sur le territoire japonais et dans l’espace maritime et aérien limitrophe».
Le Japon offrirait une aide logistique à l’armée américaine en mettant à disposition des ports et aéroports civils, ainsi que divers ravitaillements, à l’exception d’armes et de munitions.
Les forces japonaises pourraient mener des activités de collecte de renseignements, surveillance et déminage en mer autour du Japon «pour protéger les vies et la propriété ainsi que pour garantir la sécurité de la navigation maritime».
La révision des règles de coopération militaire entre les deux pays qui datent de 1978 a été entamée en avril 1996 avec la visite à Tokyo du président Bill Clinton. Elle aboutira à un texte définitif à l’automne.
Japonais et Américains ont régulièrement insisté sur la menace que fait peser la Corée du Nord sur la région pour justifier la nécessité d’un renforcement de leurs liens militaires.
Mais derrière la Corée du Nord, et dans une perspective de plus long terme, se profile aussi la montée en puissance impressionnnte de la Chine dans la région dans les domaines économique, politique et militaire, évolution qui suscite beaucoup d’interrogations à Tokyo et Washington quant aux ambitions chinoises.
Prenant soin de ne pas irriter son grand voisin chinois, le Japon affirme que le renforcement de la coopération militaire avec les USA n’est dirigé contre aucun pays. Un responsable japonais l’a rappelé à Hawaï.
A Tokyo, un diplomate japonais a précisé que le contenu de ce rapport serait prochainement présenté à la Chine et la Corée du Sud. «Nous donnerons une explication complète aux pays voisins, surtout la Chine et la Corée du Sud», a-t-il dit, cité par l’agence Kyodo.
Le Japon souhaite maintenir des relations aussi étroites que possible avec la Chine, important partenaire économique. Tokyo est le premier pourvoyeur d’aides financières de la Chine.
Mais en même temps, le Japon entend que soit maintenue la libre circulation maritime dans le détroit de Taïwan et dans des zones en mer de Chine du Sud revendiquées par Pékin où passent les super-pétroliers approvisionnant l’archipel en pétrole et gaz naturel.
L’économie nippone, tout comme celle de la Corée du Sud et de Taïwan, est tributaire de ces approvisionnements stratégiques.
Les tensions entre la Chine et Taïwan et les frictions territoriales, notamment avec les Philippines dans l’archipel des Spratleys, inquiètent le Japon qui y voit une ombre pour son propre avenir, relèvent les analystes.
L’annonce le 2 mars d’un budget militaire chinois en hausse de 12,7% pour 1997 à 9,7 milliards de dollars a renforcé les doutes à Tokyo. «Il s’agit vraiment d’une forte hausse», avait commenté le directeur (ministre) de l’Agence de défense japonaise Naoki Murata. «Nous devons observer de près la puissance militaire chinoise», a-t-il ajouté.
De son côté, la Chine a plusieurs fois critiqué le renforcement des liens militaires nippo-américains. Une extension de cette coopération au-delà d’un cadre strictement bilatéral «renforcerait l’anxiété des pays asiatiques», estimait le 2 juin le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Shen Guofang.


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