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Actualités - Chronologie

Lionel Jospin , l'anti-Tapie qui veut le minimum d'erreurs

PARIS, 4 Juin (AFP). — Lionel Jospin est un socialiste connu pour sa rigueur morale, qui s’est fixé pour règle de «dire ce qu’on fera, faire ce qu’on a dit».
Issu d’une famille protestante et socialiste, M. Jospin, un ancien universitaire de 59 ans à la carrure d’athlète, cheveux blancs et regard bleu derrière de fines lunettes, arrive au pouvoir avec une réputation d’intégrité que lui reconnaît l’ensemble des commentateurs, de droite comme de gauche.
Une réputation confortée en 1992, lorsqu’il quitta le gouvernement socialiste, quatre ans après y être entré, au moment où arrivait l’homme d’affaires Bernard Tapie, aujourd’hui en prison pour corruption.
«Modeste» ou «faux naïf», selon les commentateurs, M. Jospin, souvent brocardé pour son manque de charisme et sa prudence politique, a dressé un «bilan contrasté» de la présidence de François Mitterrand (1981-95).
Cela lui a permis de reconquérir des électeurs désabusés par les échecs des politiques de la gauche face au fléau du chômage (culminant actuellement à 12,8% de la population active) et à la multiplication des affaires politico-financières.
L’arrivée au pouvoir de M. Jospin intervient deux ans après l’élection présidentielle, où il avait fait un surprenant challenger face à Jacques Chirac, alors qu’on disait la gauche française durablement usée, voire discréditée, par l’ère Mitterrand.
Nombre de commentateurs ont présenté sa victoire aux législatives, au terme d’une campagne où il s’est lancé avec une énergie et une chaleur surprenantes, comme la «revanche» de sa défaite plus qu’honorable (47,36% des voix) face à M. Chirac, avec qui il va désormais devoir «cohabiter».

Rigorisme protestant

Ce score inespéré avait fait de lui le leader de l’opposition de gauche.
Sa victoire a couronné l’entreprise de rénovation d’un parti socialiste déchiré entre divers courants incarnés par les anciens premiers ministres de François Mitterrand — qui avait fondé le PS en 1971 — et sinistré après ses déroutes électorales des législatives de 1993 et les européennes de 1994. A cette date, le PS ne devançait que de quelques points la liste de centre-gauche conduite par Bernard Tapie.
M. Jospin s’est présenté lui-même comme l’anti-Tapie. «Je ne pardonnerai jamais qu’on en ait fait un ministre de la République», aurait-il dit récemment à l’ancien ministre socialiste Michel Charasse, un proche de l’ancien président.
«Elevé dans le rigorisme protestant, Lionel Jospin ne souffre pas l’affairisme», affirme le quotidien populaire France-Soir.
Ni l’affairisme, ni les promesses intenables. Au cours de la campagne, le programme de M. Jospin, accusé par l’influent hebdomadaire britannique «The Economist» de défier le réalisme économique, s’est singulièrement assagi. La promesse de créer 700.000 emplois pour les jeunes et de baisser de 39 à 35 heures la durée hebdomadaire du travail, sans réduction de salaire, a notamment été subordonnée à des impératifs de négociation non datés.
Et les socialistes victorieux ont gardé un profil bas depuis dimanche soir. «Je suis dans la culture de la responsabilité, et j’espère que nous commettrons le minimum d’erreurs», a dit M. Jospin au soir de sa victoire.
Lionel Jospin avait succédé à François Mitterrand à la tête du PS, de 1981 à 1988, avant de retrouver ce poste en 1995.
Comme la plupart de ses prédécesseurs — de même que MM. Chirac et le premier ministre sortant Alain Juppé —, il est passé par la prestigieuse Ecole nationale d’administration (ENA). Il s’est lancé quelques années dans la diplomatie, avant que l’université puis la politique ne l’occupent à plein temps.
Père de deux enfants d’un premier mariage, il a épousé il y a trois ans une philosophe réputée, Sylviane Agacinski, 50 ans, mère d’un fils. Il devra céder à son suppléant son siège de député de Cintegabelle (près de Toulouse, sud-ouest), perdu en 1993 et reconquis dimanche.
PARIS, 4 Juin (AFP). — Lionel Jospin est un socialiste connu pour sa rigueur morale, qui s’est fixé pour règle de «dire ce qu’on fera, faire ce qu’on a dit».Issu d’une famille protestante et socialiste, M. Jospin, un ancien universitaire de 59 ans à la carrure d’athlète, cheveux blancs et regard bleu derrière de fines lunettes, arrive au pouvoir avec une réputation d’intégrité que lui reconnaît l’ensemble des commentateurs, de droite comme de gauche.Une réputation confortée en 1992, lorsqu’il quitta le gouvernement socialiste, quatre ans après y être entré, au moment où arrivait l’homme d’affaires Bernard Tapie, aujourd’hui en prison pour corruption.«Modeste» ou «faux naïf», selon les commentateurs, M. Jospin, souvent brocardé pour son manque de charisme et sa prudence politique, a dressé...