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Actualités - Chronologie

Les Pays-Bas soutiennent le développement économique de Tyr

L’ambassade des Pays-Bas a souhaité soutenir la population du Liban-Sud et notamment les pêcheurs de Tyr, souvent victimes de la situation de «non paix». Pour ce faire, l’ambassadeur Ronald Mollinger a financé la fabrication d’embarcations pour des familles dont les barques ont été endommagées lors des derniers événements. D’autre part, afin de développer son action, M. Mollinger s’est rendu dernièrement à Tyr où il a rencontré les évêques et l’un des députés du Sud.
De tous temps, les pêcheurs de la côte libanaise ont été, pour la plupart, pauvres. Avant la guerre du Liban, des familles aisées de Tyr soutenaient cette communauté en voie de disparition économique et qui pourtant est indispensable au Liban, ne serait- ce que pour la tradition qu’elle représente.
L’image du pêcheur jetant ses filets, de sa barque en bois le long de la côte, n’est-elle pas ancrée dans nos mémoires depuis les Phéniciens, depuis l’ère chrétienne et le temps du prophète Mahomet, depuis toujours.
Précisément, les pêcheurs ont toujours exercé leur art avec les mêmes méthodes, depuis des millénaires; c’est peut être là le véritable problème des pêcheurs de Tyr. Le manque d’évolution réelle qui les appauvrit un peu plus chaque jour. L’absence de moyens matériels et financiers contribue toutefois, en premier lieu, au non développement de cette population dont l’éthique n’a souvent d’égale que la mer.
La tradition d’aide aux familles de pêcheurs de Tyr se poursuit, elle aussi, depuis des siècles. Les évêques maronites et catholiques de Tyr ont contribué largement au soutien de cette population.
Une coopérative a été fondée. Le diocèse de Tyr, représenté par Mgr Jean Haddad, a offert des parcelles de terrain dont une assez grande pour construire 82 logements; ce terrain de 6535 mètres carrés est situé au nord de Tyr, sur l’axe de Sidon et près de la côte. Lors de la rencontre de Mgr Haddad avec l’ambassadeur, le prélat catholique a rappelé l’histoire de Tyr maintes fois reconstruite, notamment lors du tremblement de terre du 16e siècle et le dynamisme des petits ateliers, des petites entreprises qui ont toujours représentées le tissu économique du Sud. Pour sa part, M. Mollinger évoque «la nécessité de soutenir ce réseau de micro-entreprises souvent générateur d’emploi. Que ce soit la pêche ou les ateliers de mécanique ou de menuiserie, tous contribuent à un équilibre socio-économique essentiel pour la stabilité de la région». Mgr Haddad a enfin chaleureusement remercié l’ambassadeur des Pays-Bas pour sa contribution au maintien des pêcheurs dans la région. Vive reconnaissance exprimée par Mgr Maroun Sader, évêque maronite qui a évoqué l’esprit tenace et de résistance, depuis 1982 de la population de Tyr qui, face aux attaques répétées, répond par des projets d’habitat et de développement d’ateliers familiaux. A cette occasion, M. Mollinger s’est déclaré prêt à étudier des aides pour l’accomplissement de ces projets.
Une dernière visite, chez le député et ancien ministre Ali el-Khalil, a permis d’évoquer en détail la situation de crise vécue par les habitants du Liban-Sud, mais aussi les mérites des pêcheurs et la qualité particulière de la pêche dans cette région.

L’état des lieux

Quatre-vingt deux familles de pêcheurs, représentant environ 400 personnes, survivent dans des conditions largement en dessous des normes du seuil admis de pauvreté. En effet, pour une famille de cinq personnes, le seuil de survie, établi par les experts de la Banque mondiale, au niveau des revenus mensuels, en 1993, est de 900 dollars US, pour le Liban. Il faut noter qu’une famille de pêcheurs de Tyr, comprenant en moyenne six personnes, a un revenu mensuel équivalent à moins de la moitié du seuil de survie. Ces familles vivent actuellement dans le secteur le plus ancien de Tyr, dans des logements vétustes de 50 mètres carrés environ, dont seul le soin attentif des femmes cache l’insalubrité. Inutile de penser à l’électricité, l’eau n’est pas toujours courante et le chauffage manque dans ces deux pièces qui sont probablement inchangées depuis le siècle dernier et qui pourtant abritent jusqu’à 14 personnes.
Les hommes et les enfants, à partir de 9 ans, travaillent dans des conditions difficiles; leurs équipements sont obsolètes et nécessitent continuellement des réparations, parfois coûteuses. Ils ne connaissent pas les méthodes de pêche modernes et sont souvent la cible de vedettes israéliennes qui contrôlent la région et interdisent parfois arbitrairement les sorties en mer; ainsi le nombre de jours de sortie de pêche n’excèdent pas 200 jours par an. Les zones vraiment poissonneuses sont, pour le moment, inaccessibles. Tous ces facteurs limitatifs rendent exceptionnellement difficile la situation des pêcheurs de Tyr, en comparaison même avec les autres communautés de pêche du Liban et de la région. Leur barque est souvent la propriété d’un des trois ou quatre négociants de poissons de la région qui revendent à Beyrouth et ailleurs, deux fois plus cher le poisson par rapport au prix que touchent les pêcheurs. Ainsi, une barque valant, avec le moteur, de 10 à 20.000 dollars US, ne peut être que partagée; trois familles se groupent souvent pour chaque embarcation, pour pêcher environ, une moyenne par jour de dix kilos de poisson.
Ces familles se nourrissent donc essentiellement du produit de leur travail et ont recours, pour les urgences de santé, à l’aide des négociants de Tyr dont ils dépendent. Concernant la scolarisation, le problème est entier. En effet, un enfant doit être rapidement rentable et l’accès à l’école n’est pas encore entré vraiment dans les mentalités; toutefois une prise de conscience importante est en train de se produire, grâce à la cristallisation du projet. En outre, l’Eglise catholique offre la scolarité gratuite, pour les classes primaires, à cette population démunie.

Gérard DE
HAUTEVILLE
L’ambassade des Pays-Bas a souhaité soutenir la population du Liban-Sud et notamment les pêcheurs de Tyr, souvent victimes de la situation de «non paix». Pour ce faire, l’ambassadeur Ronald Mollinger a financé la fabrication d’embarcations pour des familles dont les barques ont été endommagées lors des derniers événements. D’autre part, afin de développer son action, M. Mollinger s’est rendu dernièrement à Tyr où il a rencontré les évêques et l’un des députés du Sud.De tous temps, les pêcheurs de la côte libanaise ont été, pour la plupart, pauvres. Avant la guerre du Liban, des familles aisées de Tyr soutenaient cette communauté en voie de disparition économique et qui pourtant est indispensable au Liban, ne serait- ce que pour la tradition qu’elle représente. L’image du pêcheur jetant ses...