L’homme, qui s’est avéré à ses partenaires arabes imprévisible et cassant, est également fort contesté jusque dans son propre camp en Israël, où il a manqué de peu d’être inculpé pour fraude et abus de confiance.
Personne ne sait vraiment où «Bibi», comme les Israéliens le surnomment, bien qu’il n’apprécie pas ce sobriquet, conduit l’Etat juif, plus divisé que jamais dans son tissu, plus isolé que jamais dans la région.
Elu sur la promesse d’apporter la sécurité à une population qui ne laisse pas d’éprouver un sentiment de persécution, le chef du Likoud n’a même pas réussi à la rassurer sur ce point, si l’on s’en tient aux sondages d’opinions.
Au terme d’une première année de pouvoir marquée par le capotage du processus de paix, il se trouve pourtant des voix pour souligner, tel le ministre des Communications Limor Livnat, qu’«il n’y a presque pas eu de terrorisme, ce qui est un en soi un gros succès».
Pour elle, il n’est pas vrai que le processus de paix s’écroule. «Bibi» tire lui-même fierté d’avoir honoré — non sans de laborieux marchandages, il est vrai — l’engagement de son prédécesseur de rendre aux Palestiniens 80% de la ville-symbole de Hébron, en Cisjordanie.
En attendant Barak
Mais le chef du gouvernement israélien se targue aussi d’actions politiques qui font le désespoir non seulement des Palestiniens et de leurs alliés traditionnels mais aussi des Etats-Unis, qui ont fini par mettre provisoirement en veilleuse leur rôle de médiateurs.
S’il affirme qu’il respecte les accords d’Oslo hérités à contrecœur de ses prédécesseurs Yitzhak Rabin et Shimon Pérès, Benjamin Netanyahu ne manque pas une occasion d’exprimer son désaccord avec leur teneur, sapant ainsi les efforts américains pour instaurer la confiance entre les deux camps.
Prié de dire ce qui le gênait le plus chez son interlocuteur israélien, Yasser Arafat a répondu lapidairement au journal «Haaretz»: «Qu’il affirme son hostilité aux accords d’Oslo».
Ceux-ci prévoyaient que les deux parties négocieraient à partir de mai dernier le statut définitif des territoires occupés, dont Jérusalem-Est, au terme de la période intérimaire d’autonomie de cinq ans.
Mais contrairement à ses prédécesseurs, l’actuel premier ministre a constamment réaffirmé, constructions et extensions de colonies à l’appui, que les juifs avaient un droit inaliénable de s’y établir comme bon leur semblait.
Aux yeux des Palestiniens, qui considèrent ces territoires comme leur futur Etat et Jérusalem-Est comme sa capitale, cette politique de colonisation préjuge de l’issue des pourparlers sur le statut final et les vide de tout leur sens.
Dans un tel climat, les Palestiniens se méfient de la proposition de Benjamin Netanyahu de boucler en six mois ces pourparlers en sautant les dernières des accords d’autonomie prévoyant de nouveaux retraits de Cisjordanie.
L’opinion israélienne n’est pas vraiment plus indulgente pour le chef du Likoud, dont elle met en question l’intégrité et la maturité politique et, mais, faute d’adversaire déclaré de taille qui ne puisse être suspecté de négliger les sacro-saints impératifs de sécurité de l’Etat juif, Netanyahu a joué jusqu’à présent sur du velours.
Les choses pourraient changer dans quelques jours, lorsque l’ancien chef d’état-major Ehud Barak sera, selon toute vraisemblance, élu à la tête du Parti travailliste en remplacement d’un Pérès qui n’a jamais gagné une élection.
Barak est «un concurrent de poids pour Bibi», estime un stratège universitaire.


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