Une question subsidiaire est le pourcentage qu’atteindront les abstentionnistes — et les votes blancs ou nuls —, seule possibilité ouverte à ceux qui ne se reconnaissent pas dans les 3 partis officiels, seuls autorisés à participer à la consultation.
Au moins 260 personnes ont été tuées durant la campagne électorale, la plus violente de l’Indonésie. Le pays, le 4e du monde par la population, avait été secoué dans les mois précédents par une série d’émeutes à caractère social, religieux ou ethnique qui ont laissé des centaines de morts.
Outre le Golkar, qui a toujours remporté les 5 élections tenues depuis l’arrivée au pouvoir du président Suharto il y a plus de 30 ans, seuls les deux partis minoritaires officiels, le Parti du développement uni (PPP, musulman) et le Parti démocratique indonésien (PDI, chrétien nationaliste), sont autorisés à présenter des candidats.
Les 425 élus, auxquels seront adjoints 75 militaires désignés par le président, forment la Chambre des représentants, au pouvoir très théorique et qui n’a jamais initié un seul projet de loi.
Ces 500 membres, avec 500 autres personnalités désignées par le président, forment l’Assemblée du Peuple, qui se réunit une fois tous les 5 ans, la prochaine fois en mars 98, pour élire le président de l’Indonésie.
Le président Suharto, 76 ans le 8 juin prochain, devrait, est-il généralement admis, se représenter — et être réélu — pour un sixième mandat.
Les électeurs, selon le système en usage, ne désignent pas directement les candidats de leur choix mais expriment leur préférence pour un parti dont l’état-major désigne ensuite ceux qui occuperont les sièges gagnés dont le nombre dépend des voix obtenues.
Festival de la
démocratie
Ce «festival de la démocratie», comme les autorités aiment qualifier la période électorale, la seule durant laquelle les partis minoritaires sont autorisés à avoir une activité politique publique, a été cette année marquée par la violence et les émeutes.
Des règles contraignantes d’une rigueur sans précédent avaient été fixées interdisant notamment les manifestations, les discours sur la voie publique et les défilés.
Toute critique du gouvernement, de sa politique et de son action était également interdite. Et, pour que cette interdiction soit bien respectée, toutes les allocutions comme les textes des tracts, des banderoles ou même les inscriptions ou portraits sur les T-shirts devaient être soumis à l’approbation des autorités.
Loin d’empêcher la violence, ces règles, selon plusieurs éditorialistes indonésiens, semblent, au contraire, avoir contribué à l’exacerber, au même titre que la flagrante partialité des autorités en faveur du Golkar.
Le fait que la figure de proue de l’opposition, Mme Megawati Soekarnoputri écartée par les autorités de la présidence du PDI en juin dernier, n’ait pu se présenter semble également avoir contribué à augmenter la tension (LIRE PAR AILLEURS).
Les nombreux partisans de la fille du président fondateur de l’Indonésie Soekarno ne se sont pas reconnus dans le «nouveau» PDI qui a été dans l’impossibilité de faire une véritable campagne.
Ils se sont au contraire retrouvés dans les manifestations aux côtés des militants pro-musulmans du PPP faisant apparaître le spectre d’une opposition unie face au pouvoir en place.
Même si elle reste informelle, cette coalition spontanée et qui semble avoir pris en défaut l’ensemble des dirigeants politiques, a suffisamment inquiété les autorités pour qu’elles interdisent tous les slogans faisant référence à une alliance «Mega Bintang» (Mega étant le nom affectueux de Mme Soekarnoputri et Bintang —étoile — l’emblème du PPP).


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine