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Actualités - Chronologie

Les polonais voteront demain sur une constitution critiquée par l'église

VARSOVIE, 23 Mai (AFP). — Les Polonais se prononcent dimanche par référendum sur leur nouvelle Constitution: la victoire du «oui» paraît acquise, mais l’alliance de la droite, de Solidarité et de l’Eglise catholique contre la loi fondamentale font du scrutin un prologue aux législatives de septembre. La Constitution votée le 2 avril dernier par les deux Chambres réunies était attendue depuis la chute du communisme en 1989 pour remplacer la loi fondamentale de 1952, plusieurs fois amendée.
Elle est le fruit d’un laborieux compromis entre la majorité ex-communiste et l’opposition issue de Solidarité présente au Parlement, à savoir l’Union pour la liberté (libéral) et l’Union du travail (gauche non-communiste).
Le texte reprend les normes démocratiques de l’Occident, affirmant les libertés fondamentales et imposant aussi une gestion saine de l’économie: la dette publique ne peut dépasser 60% du PIB et l’indépendance de la banque centrale est garantie.
Mais plusieurs passages ont été critiqués par le syndicat Solidarité, principale force de l’alliance électorale AWS qui réunit quelque 50 formations conservatrices et catholiques. Le syndicat indépendant s’élève contre un article permettant que la Pologne abandonne une partie de sa souveraineté à des organisations internationales, dénonce l’absence d’une indication sur la division territoriale du pays, et déplore le peu de place offert à Dieu dans le préambule, bien que la formule de compromis à ce sujet soit due à l’ancien premier ministre Tadeusz Mazowiecki, catholique libéral.

L’Eglise catholique, après avoir donné l’impression de vouloir rester neutre — le contentieux avec la gauche est déjà lourd, avec le concordat en panne de ratification et la question de l’avortement, autorisé à nouveau — s’est finalement prononcée contre la Constitution.
Dans un communiqué lu dans les églises, l’épiscopat a, certes, conseillé aux fidèles de «décider en conscience», mais il a précisé aussitôt que le texte «suscitait de sérieuses réserves morales».
La campagne pour le référendum s’est confondue dans l’esprit des Polonais avec celle des législatives. L’approbation attendue de la nouvelle loi fondamentale sera exploitée par les ex-communistes, actuellement au coude à coude avec la droite dans les sondages.

Mais, si le «oui» l’emporte par une marge relativement réduite (une majorité simple des votants suffit), le résultat ne sera pas une défaite décisive pour l’opposition extra-parlementaire. Celle-ci pourra additionner les «non» et les abstentions pour parler d’une Constitution d’une minorité de Polonais. Dans ce cas, une éventuelle victoire de Solidarité et de ses alliés en septembre pourrait conduire à terme au remplacement de la loi fondamentale par un nouveau texte.
La tactique des militants catholiques de l’AWS contribue à élargir le fossé entre croyants et non-croyants. Ainsi, sans faire allusion au référendum, ils ont saisi l’occasion de la prochaine visite du pape Jean-Paul II pour publier une affiche et des tracts avec sa photo et le sigle de leur formation.

Les ex-communistes ont immédiatement dénoncé cette «tentative d’impliquer la personne du pape dans le jeu politique».
Eux-mêmes sont bien conscients du poids des paroles du souverain pontife dans les comportements des Polonais. Aussi ont-ils tenu à ce que le référendum se déroule une semaine avant l’arrivée de Jean-Paul II.
VARSOVIE, 23 Mai (AFP). — Les Polonais se prononcent dimanche par référendum sur leur nouvelle Constitution: la victoire du «oui» paraît acquise, mais l’alliance de la droite, de Solidarité et de l’Eglise catholique contre la loi fondamentale font du scrutin un prologue aux législatives de septembre. La Constitution votée le 2 avril dernier par les deux Chambres réunies était attendue depuis la chute du communisme en 1989 pour remplacer la loi fondamentale de 1952, plusieurs fois amendée.Elle est le fruit d’un laborieux compromis entre la majorité ex-communiste et l’opposition issue de Solidarité présente au Parlement, à savoir l’Union pour la liberté (libéral) et l’Union du travail (gauche non-communiste).Le texte reprend les normes démocratiques de l’Occident, affirmant les libertés fondamentales et...