Agé de 54 ans, Nategh-Nouri, qui a le titre religieux d’hodjatoleslam, est père de huit enfants. Il est originaire de Nour, sur la mer Caspienne.
Opposant actif au Chah dans les années soixante, il est depuis 1992 à la tête du Parlement (majlis) où il dirige avec poigne la faction conservatrice majoritaire, proche de l’ayatollah Khamenei.
Architecte de l’éviction en 1992 des radicaux du Parlement, grâce à une alliance avec la droite modérée du régime, il a forgé peu à peu une majorité nouvelle autour d’Ali Khamenei, au détriment du président Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani.
Il fut un membre influent du «Comité d’accueil» mis en place à la veille de la révolution pour préparer le retour de l’ayatollah Khomeiny en Iran après plus d’une décennie d’exil, le 1er février 1979. Il jouera un rôle très actif dans l’organisation des manifestations de masse qui ont ébranlé le régime impérial.
Le 1er février 1979, lors d’un immense rassemblement populaire au cimetière des martyrs à Behecht-e-Zahra, au sud de Téhéran, sa rapidité d’action permet à Khomeiny d’échapper à une foule en délire qui empêchait son hélicoptère de décoller.
Dans l’ombre
Remarqué par l’imam, il devient responsable de la sécurité de sa résidence. Khomeiny le charge ensuite de mettre en place l’important «Jahad-é-Sazandeghi» (croisade pour la reconstruction), première institution civile issue de la révolution.
Il devient ensuite ministre de l’Intérieur dans le premier gouvernement de la droite islamique dirigé par le président Ali Rajaï et le premier ministre Mohammad Bahonar, tous deux tués lors d’un attentat à la bombe en 1981.
La droite conservatrice décapitée, la gauche radicale s’empare du pouvoir et M. Nategh-Nouri, simple député, entre dans l’ombre.
En 1989 il sera chargé notamment de l’honneur exceptionnel de laver et mettre en terre la dépouille de l’imam Khomeiny.
Jusqu’en 1992, aux côtés d’Ali Khamenei qui a succédé à Khomeiny comme guide de la République, il met la dernière main à une stratégie de reconquête du pouvoir par la droite religieuse proche des commerçants du bazar et du clergé conservateur de la ville sainte de Qom.
Le regard perçant et attentif, M. Nategh-Nouri a le sens de l’humour et une poignée de main vigoureuse, deux traits rares chez les religieux iraniens.
Passionné d’équitation et d’alpinisme, il gravit régulièrement les pentes de l’Alborz et du mont Damavand, proches de la capitale où il fréquente un club hippique.
Diplômé en philosophie islamique, maîtrisant parfaitement le persan classique mais capable aussi de parler spontanément l’argot de la jeunesse de Téhéran, M. Nategh-Nouri sait jouer sur les fibres islamiste et nationaliste.


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