Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Jeunesse-urabinsation-pauvreté : un cocktail explosif (photo)

TEHERAN, 20 Mai (AFP). — Très jeune, plus urbain mais aussi en proie à un profond marasme économique, l’Iran, qui va élire un nouveau président vendredi, est très différent de celui qui a renversé le régime du Chah il y a dix-huit ans.
La révolution iranienne a été tout autant démographique que politique ou religieuse, avec un doublement de la population, passée de 33 millions à 65 millions de personnes environ.
En 1979, l’Iran a franchi le cap des 50% de population citadine et cette tendance au déclin de la société rurale n’a cessé de s’amplifier.
Le pays, qui ne comptait en 1979 qu’une seule ville dépassant le million d’habitants — Téhéran — possède désormais quatre autres villes «millionnaires»: Tabriz (nord-ouest), Ispahan (centre), Chiraz (sud) et Machhad (nord-est).
La croissance démographique fait que la moitié de la population iranienne d’aujourd’hui n’était pas née lors de la révolution, et n’a pas de souvenir direct de cette époque.
L’école fait dès lors l’objet de toutes les attentions, et l’Iran a poursuivi un intense effort d’alphabétisation et de scolarisation, en particulier pour les filles, assorti d’une «islamisation» des programmes.
Le régime iranien, qui a éliminé pratiquement toute opposition interne, livre aujourd’hui bataille contre «l’assaut culturel occidental», jugé tout aussi menaçant pour sa survie.
A Téhéran, l’avenue Eisenhower est devenue le boulevard de la Révolution et l’avenue Pahlavi (l’ancienne famille impériale) rebaptisée «Val-e Asr», le «Maître du temps», allusion au douzième imam de l’islam chiite.
Mais, comme avant, les quartiers chics de la ville ont continué de s’étendre sur les contreforts aérés des monts Elbouez, tandis que les quartiers pauvres s’étalent dans le sud surchauffé en été et fortement pollué.
Les petits Iraniens d’aujourd’hui apprennent le Coran à l’école, et regardent les dessins animés de Tom et Jerry à la télévision d’Etat, qui tente de rendre ses programmes plus attractifs pour faire contre-feu aux chaînes étrangères reçues par les antennes satellites théoriquement interdites.
La lutte contre les inscriptions en langues étrangères a été relancée, mais l’anglais est enseigné partout et les petites annonces pour des cours privés pullulent dans les journaux.

«Petits boulots»

Le produit intérieur brut par habitant est descendu de 2.500 dollars environ en 1979 à 1.700 aujourd’hui au taux officiel, mais 600 dollars à peine au taux libre, selon des évaluations occidentales.
La République islamique n’a pas réussi à rompre la dépendance du pays à l’égard du pétrole héritée de la période impériale, qui continue de rapporter 80% des devises fortes du pays. Le reste des exportations se limite pour l’essentiel à des produits traditionnels — tapis, pistaches, caviar —.
La paupérisation d’une fonction publique pléthorique, victime de l’inflation et du blocage des salaires, oblige de nombreux employés de l’Etat à avoir un, voire deux «petits boulots» supplémentaires, l’un des plus courants étant chauffeur de taxi.
L’ouverture économique est ressentie comme un danger par une grande partie de la population, qui survit grâce aux prix subventionnés, comme l’essence (sans doute la moins chère du monde, à 0,05 dollar le litre d’ordinaire) et le pain.
La perpétuation des grandes manifestations rituelles de soutien au régime, la censure ou encore le culte des «martyrs» tombés contre l’Irak, traduisent la volonté du pouvoir de maintenir une base idéologique forgée lors de la révolution.
Mais les émeutes survenues il y a deux ans dans une banlieue-dortoir du sud de Téhéran ont montré, plus que n’importe quel chiffre, le caractère explosif du cocktail jeunesse-urbanisation-pauvreté pour l’Iran de demain.
TEHERAN, 20 Mai (AFP). — Très jeune, plus urbain mais aussi en proie à un profond marasme économique, l’Iran, qui va élire un nouveau président vendredi, est très différent de celui qui a renversé le régime du Chah il y a dix-huit ans.La révolution iranienne a été tout autant démographique que politique ou religieuse, avec un doublement de la population, passée de 33 millions à 65 millions de personnes environ.En 1979, l’Iran a franchi le cap des 50% de population citadine et cette tendance au déclin de la société rurale n’a cessé de s’amplifier.Le pays, qui ne comptait en 1979 qu’une seule ville dépassant le million d’habitants — Téhéran — possède désormais quatre autres villes «millionnaires»: Tabriz (nord-ouest), Ispahan (centre), Chiraz (sud) et Machhad (nord-est).La croissance...