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Actualités - Chronologie

Kabila, le papa libérateur (photo)

KINSHASA, 19 Mai (AFP). — Laurent-Désiré Kabila, le chef de la rébellion zaïroise, qui s’est proclamé chef de l’Etat du Zaïre samedi dernier, est l’adversaire depuis près de quarante ans du président Mobutu Sese Seko.
A 56 ans, Kabila s’est imposé en un peu plus de sept mois dans la crise zaïroise alors que les Occidentaux, Américains en tête, retiraient progressivement leur soutien au président Mobutu.
Toutefois, les accusations de massacres de réfugiés hutus rwandais par la rébellion ont jeté une ombre sur l’image de «papa Kabila le libérateur». Il avait eu notamment un mot pour le moins malheureux lorsqu’il avait estimé que la situation des réfugiés était «un petit problème», facile à gérer.
Né à Moba dans la région de Kalémie (sud-est), sur les rives du lac Tanganyika, Laurent-Désiré Kabila part étudier en Allemagne de l’Est à la fin des années 50 et revient au Congo au moment où son pays s’apprête à obtenir son indépendance.
Résolument anti-impérialiste, il soutient Patrice Lumumba, alors premier ministre et participe à la rébellion d’inspiration marxiste qui embrase le pays.
Le jeune lieutenant-colonel Joseph-Désiré Mobutu mettra fin à ce chapitre de l’histoire du pays en prenant le pouvoir en 1965 et Kabila se repliera alors dans ses montagnes de l’est, recevant l’appui du révolutionnaire argentino-cubain Ernesto Che Guevara.
Avec une poignée de Cubains, le «Che» voulait faire du Kivu le point de départ de la «révolution mondiale». Quelques mois plus tard, il quitte l’Afrique sur un constat d’échec, qualifiant Kabila de «touriste», toujours en voyage à l’étranger.
«S’il a été déçu, il ne me l’a pas dit. Les pays sont différents, toutes les révolutions n’ont pas le même objectif», explique laconiquement Kabila.
Souvent vêtu d’une saharienne beige et de chaussures de tennis, trapu, de taille modeste, Laurent-Désiré Kabila se donne volontiers l’apparence d’un «père tranquille» débonnaire. Il sait aussi être dur et inflexible.
D’abord méfiant envers les étrangers, le coordinateur de l’«Alliance des forces démocratiques pour la libération du Zaïre» est vite volubile, veut savoir comment la rébellion est perçue à l’extérieur. Il s’exprime calmement, en français et en anglais, et a le sens de la formule.
Mais chaque fois qu’il parle du président Mobutu, il s’enflamme et tente de convaincre son interlocuteur que son adversaire n’est qu’un «dictateur sanguinaire». «C’est lui qui a amené la guerre, il doit partir avec la guerre», affirmait-il constamment.
En 1967, Kabila fonde le Parti révolutionnaire du peuple (PRP), un groupuscule qui lutte contre le pouvoir central de Mobutu. De la fin des années 60 au milieu des années 90, il reste dans l’ombre. «J’étais dans le maquis», aime-t-il à répéter. Mais un membre de son entourage assure qu’il a longtemps vécu en Tanzanie, au Kenya et en Ouganda.
Kabila a toujours démenti avoir été impliqué dans des trafics d’or et de diamants entre sa région et Bujumbura, la capitale burundaise où se trouvait un important comptoir de minerais précieux.
KINSHASA, 19 Mai (AFP). — Laurent-Désiré Kabila, le chef de la rébellion zaïroise, qui s’est proclamé chef de l’Etat du Zaïre samedi dernier, est l’adversaire depuis près de quarante ans du président Mobutu Sese Seko.A 56 ans, Kabila s’est imposé en un peu plus de sept mois dans la crise zaïroise alors que les Occidentaux, Américains en tête, retiraient progressivement leur soutien au président Mobutu.Toutefois, les accusations de massacres de réfugiés hutus rwandais par la rébellion ont jeté une ombre sur l’image de «papa Kabila le libérateur». Il avait eu notamment un mot pour le moins malheureux lorsqu’il avait estimé que la situation des réfugiés était «un petit problème», facile à gérer.Né à Moba dans la région de Kalémie (sud-est), sur les rives du lac Tanganyika, Laurent-Désiré...