Né aveugle, sans nerfs optiques, David Blunkett a l’habitude des «premières», ils les a accumulées au cours de sa carrière politique: premier aveugle à devenir député, premier député à introduire un chien à la chambre des Communes — son fidèle labrador Lucy — et enfin, avec l’arrivée au pouvoir des travaillistes, premier ministre aveugle de l’histoire britannique.
Son handicap ne l’a jamais empêché de faire son travail, souligne-t-on dans son entourage. Au problème essentiel de la lecture, il y a trois solutions: ses assistants doivent soit lui soumettre les textes transcrits en braille, soit les lui lire, s’ils sont suffisamment courts, soit lui remettre le texte enregistré — son système préféré.
Cela limite évidemment la longueur possible des textes: les responsables du ministère ont été prévenus que leur nouveau patron peut absorber environ 40 pages par jour.
Finis les gros dossiers de centaines de pages. «Pour certains bureaucrates, ça va être un cauchemar. Mais ils s’y habitueront», commentait un haut responsable du ministère.
La recherche de la concision dans les informations remises au ministre devrait être le seul changement qui sera demandé au ministère. Pour le reste, et David Blunkett insiste là-dessus, il se débrouille seul, et n’a pas besoin d’aménagements spéciaux.
Tenant farouchement à son indépendance, cet homme de 50 ans a déjà amplement montré que sa cécité ne l’empêchait pas de travailler efficacement.
Longtemps sur la gauche du parti travailliste, élu de Sheffield et député depuis 1987, il était, avec sa région du Nord de l’Angleterre, en première ligne face aux conséquences sociales des réformes économiques de Margaret Thatcher, comme la fermeture des mines de charbon en 1984.


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