Les premiers résultats officiels donnent une nette avance au parti du président Ali Abdallah Saleh, le Congrès populaire général (CPG), qui a emporté 115 sièges sur 167 déjà attribués.
Son principal rival et partenaire dans la coalition gouvernementale sortante, le parti islamique al-Islah, a menacé mercredi de ne pas siéger au Parlement, après avoir accusé le CPG de fraude et de manipulation.
Le Yémen est le seul pays de la Péninsule arabique à tenir des élections législatives au suffrage universel. Ses efforts pour adopter un système démocratique sont un facteur crucial dans l’aide que lui accordent les donateurs occidentaux, les Pays-Bas et l’Allemagne en tête.
Deux partisans d’al-Islah ont été tués mardi soir dans une embuscade à 100 kilomètres au nord de Sanaa, à en croire le Parti islamique. D’après son secrétaire général Mohammad Yadoumi, leur assaillant a ensuite été tué et son meurtrier assassiné à son tour pour ne pas laisser de trace, soit 4 morts au total.
Un membre de la commission électorale avait auparavant donné un bilan de trois morts dans cette embuscade.
Lors d’une conférence de presse, M. Yadoumi a demandé au CPG d’arrêter «d’entraver ou de falsifier le dépouillement des voix dans plusieurs régions». Il a accusé le parti présidentiel de chercher à empêcher al-Islah de «dépasser un nombre déterminé de sièges à l’Assemblée».
Si ces violations se poursuivent, al-Islah se retirera «sans aucun regret du processus électoral (et) offrira en cadeau au CPG les sièges que nos candidats ont obtenus», a-t-il déclaré.
Il a cependant annoncé qu’en raison de la tension dans une circonscription de Hajjah, les responsables du CPG et d’al-Islah s’étaient entendus avec les autorités locales pour déplacer les urnes dans la principale ville de la province.
A Ibb, 70 kilomètres au sud de Sanaa, un employé de la commission a été tué et un soldat de faction devant un bureau de vote blessé dans une fusillade entre partisans de deux candidats indépendants, l’un soutenu par le CPG et l’autre par al-Islah.
A Dhammar, à 100 kilomètres au sud de la capitale, un soldat de faction devant un bureau de vote a été tué par une grenade lancée par des partisans d’un candidat malheureux, dont l’identité ni l’appartenance politique n’ont été déterminées.
La commission électorale avait annoncé mardi la mort de deux gardes, tués par une bombe dans la province de Taez (260 kilomètres au sud de Sanaa). Ce qui porte le total pour mardi à 8 morts.
Le bilan est de 24 morts depuis dimanche, journée des élections au Yémen. Trois personnes avaient, de plus, été tuées pendant la campagne électorale.
Le Yémen est un pays à structure tribale où la population est fortement armée. Selon des estimations des autorités, plus de 60 millions d’armes à feu sont stockées par les quelque 16 millions d’habitants du pays.


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