«Nous sommes les artisans de coalitions (...) le leader lorsqu’il s’agit de séparer ce qui constitue une attitude internationale acceptable de ce qui ne peut être toléré», a affirmé le secrétaire d’Etat.
Un refus américain de ratifier le traité, signé à ce jour par 161 pays et ratifié par 70 d’entre eux, «affaiblirait notre crédibilité (...) à tous les niveaux», a-t-elle souligné.
Le secrétaire d’Etat a également insisté sur la nécessité pour le Sénat, à majorité républicaine, de voter sur le traité avant le 29 avril, date de son entrée en application, pour éviter que les Etats-Unis soient exclus des instances dirigeantes de la convention pendant la première année.
«Nous perdrons également le droit d’organiser et de conduire des inspections» de contrôle parmi les autres membres de la convention et les entreprises chimiques américaines pourraient être pénalisées par d’éventuelles sanctions, a-t-elle ajouté.
Les Etats-Unis ont déjà renoncé aux armes chimiques et ce traité «concerne les armes des autres, pas les nôtres», a-t-elle déclaré précisant que même s’il n’est pas parfait, le traité est un «outil utile» pour les Etats-Unis auxquels il permettra d’acquérir plus facilement des informations sur les développements technologiques.
De plus, la convention pourra servir de «multiplicateur de force» pour les Etats-Unis, permettant d’isoler diplomatiquement ceux, tels la Libye et l’Irak, qui refusent d’y adhérer et de punir plus facilement ceux qui, ayant signé, seront alors pris à tricher, a-t-elle estimé.
Les adversaires
Les anciens ministres de la Défense, soutenus par le puissant président de la commission des Affaires étrangères Jesse Helms, ont pour leur part vivement critiqué le traité, négocié sous la présidence du républicain George Bush.
La convention «pourrait éventuellement réduire les armes des arsenaux de certains pays. Mais, il est bien moins certain que ce traité réduira les arsenaux chimiques des pays potentiellement hostiles aux Etats-Unis», a estimé Donald Rumsfeld, ancien secrétaire à la Défense sous Gerald Ford.
«Ce traité ne fera rien pour bannir la menace des armes chimiques. Il n’aidera en rien à combattre le terrorisme» a affirmé pour sa part James Schlesinger, ministre sous Richard Nixon.
«Il est absurde de prétendre que nous devons nous précipiter pour ratifier le traité», a estimé de son côté Caspar Weinberger, qui dirigeait le Pentagone sous Ronald Reagan. L’opinion des Etats-Unis, appelés à payer 25% des coûts de la convention en cas de ratification, ne pourra de toute façon pas être ignorée, a-t-il ajouté.
Soulignant que ni la Russie, ni des pays tels la Corée du Nord, la Libye ou l’Irak n’ont adhéré au traité, M. Helms a affirmé que la convention n’est «pas globale, ne permet pas d’effectuer des contrôles, n’est pas constitutionnelle et ne pourra pas fonctionner».
«La convention sur les armes chimiques ne fera rien pour protéger le public américain du danger des armes chimiques. Au contraire, elle facilitera l’accès par des régimes renégats à des agents chimiques et à une technologie dangereuse, tout en imposant de nouvelles règles aux entreprises américaines», a déclaré le sénateur républicain.
L’opposition démocrate au Sénat a menacé de bloquer tous les projets de loi soumis au Sénat si un vote sur le traité n’est pas convoqué avant le 29 avril. L’adoption de la convention nécessite l’adhésion de deux tiers du Sénat.


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