«Il est clair que Mobutu, son régime, appartiennent au passé», a déclaré M. Moose qui se trouvait sous le feu de critiques de la politique américaine face à la guerre civile qui déchire ce pays.
«Ce qui se produit actuellement est une évolution vers une ère post-Mobutu», a affirmé M. Moose, ajoutant que s’il le voulait M. Mobutu pourrait avoir une «influence positive» dans cette direction.
M. Moose a défendu les efforts diplomatiques américains, affirmant que les Etats-Unis étaient un des premiers pays à avoir établi un dialogue avec le chef des rebelles zaïrois Laurent-Désiré Kabila. «Le dialogue s’est poursuivi», a-t-il ajouté, en précisant que Washington était en contact avec lui «probablement, deux ou trois fois par semaine».
Il a également indiqué que le secrétaire d’Etat Madeleine Albright s’était «entretenue directement avec M. Mobutu», sans révéler le contenu de ces conversations.
Le responsable s’est par ailleurs dit opposé à une solution militaire à la crise zaïroise. «Notre conviction absolue est qu’il doit y avoir en fin de compte une solution politique. La recherche d’une solution militaire ne fait qu’approfondir la crise dans laquelle le Zaïre est enfoncé depuis trois décennies», a-t-il estimé.
Des membres tant démocrates que républicains de la Chambre des représentants ont vivement critiqué devant lui la politique américaine au Zaïre, affirmant que les Etats-Unis ne sont pas parvenus à tenir un rôle dominant face à cette crise.
«J’ai le sentiment que nous jouons un rôle de déférence», a déclaré le démocrate Robert Menendez. «Nous ne paraissons pas jouer le rôle dirigeant que nous devrions jouer», a-t-il ajouté.
Les Etats-Unis «pourraient exercer plus d’influence si le département d’Etat et l’administration décidaient que nous devrions jouer un rôle plus important», a pour sa part estimé le démocrate Donald Payne.
«Je pense que le président des Etats-Unis devrait faire entendre sa voix sur le sujet. Je ne pense pas que l’Afrique doive être pour lui une préoccupation de second rang», a lancé pour sa part le démocrate Alcee Hastings.
Le républicain Tom Campbell a appelé le chef des rebelles zaïrois Laurent-Désiré Kabila à coopérer avec les efforts humanitaires dans les zones qu’il contrôle, ajoutant qu’une telle attitude «apporterait énormément» à une amélioration des relations avec Washington.

