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Actualités - Chronologie

Législatives britanniques : l'opacité du financement des partis en question (photos)

LONDRES, 4 Avril (Reuter). — Les conservateurs britanniques ont un proverbe: mieux vaut se réveiller le lendemain des élections en faillite mais au pouvoir, que solvable et dans l’opposition. Lors des dernières élections, ils avaient appliqué strictement ce dicton, empruntant pour la première fois auprès des banques pour financer leur campagne.
Au bout du compte, les Tories avaient investi 11 millions de livres (17,66 millions de dollars) dans la campagne, soit légèrement plus que le Labour, mais cela en valut la peine puisqu’ils remportèrent leur quatrième victoire d’affilée.
A moins d’un mois des prochaines élections générales, les Tories sont prospères: alors qu’il accusait un déficit de 15 millions de livres (24,1 millions de dollars) à mi-mandat, il dispose aujourd’hui d’un véritable trésor de guerre, qui atteindrait, selon certains journaux, 40 millions de livres.
Mais sur fond de défaite électorale annoncée, des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour réclamer une modification des règles de financement des partis, actuellement décrites comme la porte ouverte à de nombreux abus.
Plus que les sommes en jeu, ce sont les méthodes plus ou moins occultes de collecte de fonds et de comptabilité qui sont aujourd’hui sur la sellette.
Les grands argentiers des conservateurs, à en croire leurs détracteurs, n’hésiteraient pas à fermer les yeux sur certaines pratiques douteuses pour remplir leurs coffres.
Les travaillistes, revigorés par le succès de leurs attaques contre un parti tory empêtré dans des scandales de toutes sortes, souhaite qu’une commission de surveillance parlementaire examine l’opportunité de réformer les règles du financement politique.
John Major, totalement opposé à cette proposition, taxe ses adversaires d’hypocrisie. Il leur reproche surtout d’être financièrement trop dépendants des syndicats.

Laxisme collectif

Les deux principaux partis en lice devraient dépenser chacun, selon différentes estimations, entre 10 et 20 millions de livres pour l’actuelle campagne. Ces sommes paraissent démesurées au regard des trois millions dont disposent les libéraux-démocrates, mais restent modestes si on les compare aux campagnes électorales de nombre de grands pays, et notamment des Etats-Unis.
Contrairement à la plupart de ses partenaires d’Europe occidentale, le Royaume-Uni n’a pas mis en place un financement public des campagnes électorales. Ce système, là où il est pratiqué, vise à rendre plus équitable le jeu démocratique en plaçant les candidats sur un pied d’égalité.
Les Britanniques ont au contraire instauré une limitation des dépenses individuelles des candidats (le plafond, 8.000 livres, est l’un des plus bas au monde), et interdit la publicité électorale télévisée.
En revanche, il n’existe aucune limite légale aux dépenses engagées par les partis politiques au niveau national, et peu de contrôle quant à leurs sources de financement, ce qui, avance les détracteurs du système actuel, est la porte ouverte à la corruption.
Les comptes des Tories affichent ainsi 18 millions de livres de recettes au titre de dons pour l’exercice 1995/96, mais le parti se refuse absolument à révéler le nom de ses mécènes. Le Labour a vivement critiqué ce sacro-saint principe, défendu par les députés tories majoritaires au sein de la commission parlementaire qui avait abordé ce problème il y a trois ans.
Seul l’ancien trésorier des Tories, Lord McAlpine, qui n’est plus membre du parti, a levé un coin du voile. Dans ses mémoires, il affirme que le premier ministre l’a chargé d’aller solliciter des fonds auprès d’un riche armateur grec. John Major a rejeté en bloc ces accusations, expliquant qu’en tant que chef du gouvernement les problèmes de financement du parti ne sont pas de son ressort.
Le député travailliste David Winnick, récemment à l’origine d’un projet de loi sur la réforme du financemenet politique, a exprimé le souhait que son projet mette un terme aux affaires et au caractère occulte du financement du Parti conservateur.

Le lâchage
du big business

Par le passé, celui-ci a été atteint par différents scandales. Dans les années 1980, il avait notamment sollicité — et obtenu — 400.000 livres auprès d’Asil Nadir, l’ancien PDG de Polly Peck, qui depuis lors a fui la justice britannique pour se réfugier à Chypre, dans la partie occupée par les Turcs.
Le Labour, quant à lui, n’a jamais manqué de souligner qu’il a l’habitude de révéler le nom de tous les mécènes qui lui font don de plus de 5.000 livres, et qu’il refuse les dons de la part des étrangers.
Paradoxalement, les critiques du Labour contre le Parti conservateur coïncident avec une explosion de ses propres moyens financiers. Celle-ci s’explique notamment par une recrudescence des adhésions, estimées à 2.000 par semaine, facilitée par le soutien affiché des syndicats.
Dans le même temps, les grandes entreprises, soucieuses de ne pas tout miser sur le probable perdant, et obéissant aux pressions de leurs actionnaires, se sont montrées beaucoup moins généreuses envers les conservateurs que par le passé. Beaucoup des principaux soutiens traditionnels du parti ont ainsi annoncé la suspension totale de leurs dons.
LONDRES, 4 Avril (Reuter). — Les conservateurs britanniques ont un proverbe: mieux vaut se réveiller le lendemain des élections en faillite mais au pouvoir, que solvable et dans l’opposition. Lors des dernières élections, ils avaient appliqué strictement ce dicton, empruntant pour la première fois auprès des banques pour financer leur campagne.Au bout du compte, les Tories avaient investi 11 millions de livres (17,66 millions de dollars) dans la campagne, soit légèrement plus que le Labour, mais cela en valut la peine puisqu’ils remportèrent leur quatrième victoire d’affilée.A moins d’un mois des prochaines élections générales, les Tories sont prospères: alors qu’il accusait un déficit de 15 millions de livres (24,1 millions de dollars) à mi-mandat, il dispose aujourd’hui d’un véritable trésor de...