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Actualités - Chronologie

Pekin commande des Boeing mais n'exclut pas Airbus

PEKIN, 31 Mars (Reuter). — En achetant moins de Boeing que prévu à l’occasion de la visite à Pékin du vice-président américain Al Gore, la Chine a voulu signifier qu’elle continuerait à entretenir l’espoir d’Airbus dans le but d’obtenir un maximum de concessions politiques de Washington.
«C’est un jeu politique très subtil», a expliqué un diplomate étranger en commentant la décision chinoise de commander cinq Boeing 777-200 pour Air China pour un montant de 685 millions de dollars, alors que les Américains espéraient en vendre dix.
Air China a pourtant besoin de ces dix appareils mais, comme le dit ce diplomate, «les Chinois veulent avancer très prudemment et les décisions sur ce dossier sont prises par le premier ministre, Li Peng, lui-même».
En entretenant le doute, Li Peng vise un double but: forcer les Etats-Unis à autoriser la Chine à adhérer à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), sans que Pékin ne libéralise vraiment son marché intérieur, et obtenir de la Maison-Blanche qu’elle renonce pour la Chine à un réexamen annuel du statut de partenaire commercial privilégié.
Trois des avions doivent être livrés d’ici fin 1998 et les deux autres en 1999.
Les dirigeants de Boeing présents à la signature du contrat tentaient de faire bonne figure et se disaient persuadés que d’autres commandes chinoises ne manqueraient pas de suivre.
«La signature d’aujourd’hui décevra Airbus. Ils pensaient pouvoir vendre à la Chine l’A330-300», faisait remarquer un diplomate, tout en soulignant que Boeing menait aux points mais n’avait certainement pas obtenu le KO.
«Il ne s’agit aucunement du contrat du siècle», notait un spécialiste de l’aéronautique.
Après la visite d’Al Gore, la première d’un haut responsable américain depuis celle du président Bush en 1989, le prochain épisode de la guerre aéronautique Europe-USA arbitrée par Pékin aura lieu avec le séjour en Chine du président Chirac début mai.
L’achat éventuel d’appareils Airbus par la Chine et l’importance du contrat constitueront alors une indication précieuse sur les intentions de Pékin, qui a fait de son potentiel économique sa principale arme diplomatique.
Les autorités chinoises prévoient de mettre en service 240 nouveaux appareils entre 1995 et l’an 2000. La plupart de ces avions n’ont pas encore été commandés.
Boeing fait remarquer que ses appareils dominent largement pour l’instant ceux d’Airbus en Chine, avec 216 avions de la firme de Seattle en service, contre 29 du consortium européen.
Mais Boeing a connu une éclipse l’an dernier en raison de la détérioration des rapports sino-américains, tandis qu’Airbus en profitait pour signer en avril dernier un contrat de 1,5 milliard de dollars portant sur la livraison de 30 A320.
PEKIN, 31 Mars (Reuter). — En achetant moins de Boeing que prévu à l’occasion de la visite à Pékin du vice-président américain Al Gore, la Chine a voulu signifier qu’elle continuerait à entretenir l’espoir d’Airbus dans le but d’obtenir un maximum de concessions politiques de Washington.«C’est un jeu politique très subtil», a expliqué un diplomate étranger en commentant la décision chinoise de commander cinq Boeing 777-200 pour Air China pour un montant de 685 millions de dollars, alors que les Américains espéraient en vendre dix.Air China a pourtant besoin de ces dix appareils mais, comme le dit ce diplomate, «les Chinois veulent avancer très prudemment et les décisions sur ce dossier sont prises par le premier ministre, Li Peng, lui-même».En entretenant le doute, Li Peng vise un double but: forcer les...