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Actualités - Chronologie

John Garang rêve de Khartoum

LOKA (Soudan), 28 Mars (AFP). — Le chef rebelle John Garang, qui affirme avoir déjà conquis le sud du Soudan, croit pouvoir réaliser bientôt son rêve de prendre Khartoum pour créer un «nouveau Soudan» où les chrétiens et animistes du sud, dominés depuis des lustres par les arabes musulmans du nord, auront toute leur place.
En guerre depuis treize ans contre le nord, John Garang, 53 ans, chef de l’Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA), n’est plus seulement le chef d’une rébellion sudiste: depuis 1995, il est le chef militaire de l’ensemble de l’opposition soudanaise réunie dans l’Alliance nationale démocratique (AND).
Cette alliance nord-sud menace militairement le régime fondamentaliste soudanais et se présente comme une alternative politique au président Omar el-Béchir.
«La tâche principale de la SPLA est de créer les conditions pour un changement fondamental à Khartoum, pour créer une communauté dans laquelle tous les Soudanais pourront s’identifier», a affirmé John Garang cette semaine à Loka.
Son assurance et sa décontraction ont surpris les journalistes qu’il recevait pour la première fois à quelques kilomètres du front où se joue la bataille pour Juba, ville principale du sud-Soudan.
«Eventuellement, nous pouvons prendre Juba; éventuellement, nous pouvons même prendre Khartoum», dit-il.

Pas de fleuve à traverser

En 1991, la SPLA avait atteint les faubourgs de Juba par l’est mais n’avait pu traverser le Nil. Elle avait dû battre en retraite l’année suivante devant la contre-offensive gouvernementale.
Cette fois, la SPLA, dans cette opération préparée depuis 16 mois et lancée le 9 mars, attaque par l’ouest. «Pas de fleuve à traverser», dit en souriant le Dr Garang.
Derrière lui, deux cartes affichées sur un tableau noir, rescapé de l’école de la mission britannique de Loka, donne une idée de la situation militaire au sud et de l’avenir du Soudan vu par la SPLA.
Avec son bâton de chef courant sur la première carte où s’inscrivent les positions tenues par les deux camps, John Garang veut convaincre que la prise de Juba, pourtant défendue par des milliers de soldats gouvernementaux, n’est plus qu’une formalité.
Les efforts vont maintenant porter sur les opérations dans l’est et le nord du pays, sur les fronts de Damazin et de Kassala, où l’opposition soudanaise avait lancé ses premières offensives en janvier dernier, assure-t-il.
Celui qui contrôle la route de Kassala à Port-Soudan, contrôle l’approvisionnement de Khartoum, celui qui contrôle Damazin contrôle le barrage de Rosière qui fournit 75% de l’électricité de la capitale soudanaise. Dans ce cas Khartoum tombe, affirme le colonel Garang.
La deuxième carte montre un Soudan divisé par un trait de feutre noir séparant les Etats du sud et ceux du nord. Pourtant, John Garang affirme jouer le jeu de l’unité du Soudan. Mais en prenant des précautions pour ne pas être frustré politiquement d’une victoire militaire.

Gorille conservateur

Il reconnaît ainsi que les forces de l’opposition n’ont pas poursuivi leur progression vers Damazin pour des raisons à la fois militaires et politiques.
«Le gorille est conservateur, il avance pas à pas», commente-t-il en expliquant qu’il faut savoir gérer une victoire militaire.
Toutefois, il assure que désormais l’alliance avec les anciens frères ennemis de l’opposition nordiste n’est plus d’ordre seulement tactique.
Dans l’AND, chacun des principaux dirigeants paraît avoir reçu un rôle plus particulier: le militaire à John Garang, le politique à Mohamed Osmane Morgani et le diplomatique à l’ancien premier ministre Sadek el-Mahdi qui combattait John Garang jusqu’en 1991.
«Nos relations s’approfondissent et les situations évoluent», reconnaît pragmatiquement John Garang, régulièrement en contact par téléphone satellitaire avec les dirigeants de l’opposition.
LOKA (Soudan), 28 Mars (AFP). — Le chef rebelle John Garang, qui affirme avoir déjà conquis le sud du Soudan, croit pouvoir réaliser bientôt son rêve de prendre Khartoum pour créer un «nouveau Soudan» où les chrétiens et animistes du sud, dominés depuis des lustres par les arabes musulmans du nord, auront toute leur place.En guerre depuis treize ans contre le nord, John Garang, 53 ans, chef de l’Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA), n’est plus seulement le chef d’une rébellion sudiste: depuis 1995, il est le chef militaire de l’ensemble de l’opposition soudanaise réunie dans l’Alliance nationale démocratique (AND).Cette alliance nord-sud menace militairement le régime fondamentaliste soudanais et se présente comme une alternative politique au président Omar el-Béchir.«La tâche principale de...