Dans son mot d’introduction, M. Ghazi Kahwagi a traité des aspects philosophiques et scéniques de la pantomime. Me Saad a abordé pour sa part le développement de cet art à travers l’histoire se référant à un ouvrage de Jean Dorcy «j’aime le mime». «On fixe l’origine de la pantomime à l’époque romaine. Née à la fin du premier siècle avant J.C., elle est issue du mime, qui avait conquis la faveur du public romain. Alors que le mime n’est qu’une courte farce, la pantomime adopte soit des sujets de comédie, soit des sujets de tragédie. Le texte en était chanté par le chœur, accompagné de l’orchestre, tandis que les acteurs mimaient l’action, sans prononcer un mot. L’art de la mimique y était donc tout à fait essentiel. Les plus célèbres acteurs de pantomimes ont été Bathylle d’Alexandrie et Pylade (fin du 1er siècle) mais le succès du genre s’est maintenu jusqu’à la fin de l’Empire. Longtemps après, sous le même ciel d’Italie, puis en France, les personnages se sont plu à remplacer par un jeu muet de gestes, le langage de la comédie. A partir de la création de l’opéra, on appelait pantomime, au XVIIe s et au XVIIIe siècles, un ballet mythologique qui se dansait et se jouait le visage couvert d’un masque. Au XIXe siècle vers 1830, deux mimes célèbres, Gaspard Deburau et Paul Legrand, remirent à la mode la pantomime, théâtre des Funambules. Puis le genre perdit de sa vogue. La pantomime a connu une résurrection contemporaine avec des artistes comme Etienne Decroux, Jean-Louis Barrault, très attaché à la poésie du geste, et surtout Marcel Marceau, créateur du personnage de Bip, et dont la compagnie de mime a trouvé un succès international».
A ceux qui aimeraient admirer l’art de Barrault et de Decroux, Saad recommande le film «les enfants du paradis». «Nul doute, reprend-il, «que nombre de mimes se sont inspirés du jeu de Charlie Chaplin ou de Buster Keaton».
Cela dit, il reste un pan généralement oublié dans l’histoire, à savoir la pantomime chez les Arabes. Mais nous retrouvons dans nombre de textes anciens, des histoires de mimes. Notamment dans les récits de Jahez, de Massoudi, de Taalibi...
M. Saad a par ailleurs déploré que cet art intéresse peu les producteurs. Il a cité deux exemples, une farce mimique et une adaptation de Carmen qui n’ont pu être montées, malgré l’intérêt que leur ont porté Yaacoub el Chedraoui et Fayeck Homayssi.
Last but not least, Fayek Homayssi, pionnier de la pantomime au Liban, a expliqué dans une brève allocution comment cet art a évolué ici. Il a indiqué qu’il avait lui-même fait ses premiers pas sous la direction de Maurice Maalouf à la faculté des Beaux-Arts de l’UL. Puis, de spectacle en spectacle, il a intégré les gestes propres aux Libanais. Il a finalement invité tout le monde à assister à son spectacle qui se déroulera à partir du lundi 23 mars au théâtre Al Madina.


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