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Actualités - Chronologie

Limaces vampires contre algues tueuses

NICE (France), 12 Mars (AFP). – Pour lutter contre l’invasion spectaculaire de la caulerpe, l’algue «tueuse» qui asphyxie inexorablement les côtes de tout le bassin méditerranéen, un chercheur français affirme avoir enfin trouvé la parade: des limaces vampires.
Le Pr Alexandre Meinesz, de l’université de Nice Sophia-Antipolis, avait été le premier en France à sonner l’alarme sur les ravages de cette «fleur du mal» la caulerpa taxifolia, dont la propagation s’étend maintenant des îles Baléares au littoral de la Croatie. Il s’efforce maintenant de rallier les autorités françaises à son plan de bataille.
Deux étranges petites limaces tropicales, l’Elysia subornata et l’Oxynoe azuropunctata, natives des Antilles, occupent un rôle central dans sa stratégie. Ces gastéropodes sont en effet aussi des vampires dévoreurs de caulerpes.
Ils «sucent» à mort le cytoplasme de l’algue, sans toucher aux autres espèces, et se reproduisent frénétiquement. Théoriquement, une fois les caulerpes dévorées, les limaces gloutonnes devraient mourir rapidement... de faim.

Eléments
toxiques

Le ministre français de l’Environnement, Corinne Lepage, devrait décider prochainement si elle donne le feu vert aux deux petits gastéropodes vampires au moins sur une base expérimentale.
Depuis l’apparition de la Caulerpa taxifolia au début des années 80 sur la côte d’Azur, écologistes et scientifiques s’arrachent les cheveux. Faute d’ennemis naturels, l’algue tueuse prolifère à une vitesse étonnante, et elle s’est révélée un véritable fléau sous-marin.
Elle dégage en effet des éléments toxiques qui sont souvent fatals aux écosystèmes du littoral. Là où elle passe, vies végétales et animales trépassent.
Aujourd’hui, plus de 3.000 hectares et 50 zones sont contaminés le long des côtes espagnoles, françaises, italiennes et maintenant croates.
Seules les autorités espagnoles semblent avoir réussi à arrêter la progression de l’algue tueuse en procédant à des arrachages précoces.
Là où les autorités se sont réveillées trop tard, c’est-à-dire presque partout ailleurs, plus rien ne semble stopper les caulerpes.
«Plus on attend, plus la décontamination relèvera de l’utopie, prévient le Pr Meinesz. Si l’on n’avait pas tant tardé, l’arrachage aurait pu suffire à arrêter sa prolifération».
Diverses méthodes ont pourtant été expérimentées pour en venir à bout. En Croatie, les experts qui ont concentré leurs efforts sur la plus grande île de l’Adriatique, Krk, utilisent... l’aspirateur.
Avec de puissantes pompes à eau ils ont l’an dernier nettoyé quelque 1.000 hectares sous-marins. Une fois remontées à la surface, les caulerpes sont ensuite broyées et brûlées. Mais de telles opérations coûtent très cher et leurs financements insuffisants.
Ailleurs d’autres expériences ont été tentées: l’électrolyse, les ultrasons, la carbo-glace, des méthodes qui donnent des résultats en laboratoire, mais qui ne sont pas aussi probantes en milieu naturel, selon un chercheur français, le Dr Pierre Escoubet.
Une société de la région de Montpellier, dans le sud de la France, la Compagnie des Salins du Midi, a développé une méthode qu’elle a fait breveter, qui consiste à noyer la caulerpa taxifolia sous un amas de sel à raison de 20 kilos au mètre carré.
Les scientifiques sont divisés sur l’origine de l’infestation. Certains estiment que l’algue tueuse est le fruit d’une mutation d’une autre algue moins nocive, la caulerpa mexicana, qui existe depuis au moins un demi-siècle sur le littoral oriental de la Mediterranée, où elle se serait introduite depuis la mer Rouge en passant par le canal de Suez.
D’autres, comme le Pr Meinesz qui vient de retracer la chronique de cette fleur du mal dans un ouvrage intitulé «Le roman noir de l’algue tueuse», privilégient une autre hypothèse. Elle aurait été introduite en Méditerranée accidentellement lors de vidanges des aquariums du musée océanographique de Monaco.
«Les données récentes sur sa biologie et le suivi régulier de son invasion tendent à conforter cette hypothèse», affirme le Pr Meinesz.
NICE (France), 12 Mars (AFP). – Pour lutter contre l’invasion spectaculaire de la caulerpe, l’algue «tueuse» qui asphyxie inexorablement les côtes de tout le bassin méditerranéen, un chercheur français affirme avoir enfin trouvé la parade: des limaces vampires.Le Pr Alexandre Meinesz, de l’université de Nice Sophia-Antipolis, avait été le premier en France à sonner l’alarme sur les ravages de cette «fleur du mal» la caulerpa taxifolia, dont la propagation s’étend maintenant des îles Baléares au littoral de la Croatie. Il s’efforce maintenant de rallier les autorités françaises à son plan de bataille.Deux étranges petites limaces tropicales, l’Elysia subornata et l’Oxynoe azuropunctata, natives des Antilles, occupent un rôle central dans sa stratégie. Ces gastéropodes sont en effet aussi des...