Que connaissons-nous au juste des grandes figures théologiques qui ont régi les paroisses religieuses dans notre pays aux confessions en mosaïque? Voilà un livre édifiant, éclairant, sur un personnage illustre en son temps mais que les siècles ont recouvert d’un pudique voile d’oubli. Pour réparer justement cet outrage du temps «Le patriarche Gabriel Blouzani» (348 pages) est un ouvrage généreusement documenté, rédigé dans une langue simple et claire, plume à la fois enthousiaste et réservée par le père Charbel Abi Khalil, Antonin. Né en 1630, mort en 1705, ce patriarche est le 58e «père spirituel» maronite et le 15e patriarche du couvent «Deir Saydett Kannoubine». Il est l’enfant de la vallée des Saints, à proximité de Bécharré, au Liban-Nord. Il a connu la profondeur et la majesté de cette vallée ainsi que la beauté de ses grottes, la force de ses rochers, la piété de ses anachorètes, de ses moines austères et solitaires, et il fut aussi un prélat d’une grande sagesse doublé d’un éminent réformateur. Ordonné prêtre en 1644, il avait déjà de grands desseins pour la communauté maronite, qu’il concrétisa dès qu’il fut désigné évêque d’Alep en 1663. Ce livre, sans être une hagiographie, retrace avec vénération et une émotion contenue le profil d’un prêtre, d’un évêque, d’un patriarche. Pour mener à bien la rédaction de cet ouvrage volumineux, étagé de textes inédits, plusieurs sources bibliographiques ont été utilisées. On cite les références faites à la bibliothèque vaticane, les publications religieuses à Rome, les archives du ministère français des Affaires étrangères à Paris et Nantes, la bibliothèque de Bkerké, celle de la communauté maronite à Alep, ainsi qu’à des propriétés littéraires privées comme celle de Raja Raouf Tabet de Ackkout...
C’est avec un sentiment d’extrême ferveur que sont retranscrites les diverses étapes d’une vie vouée à la méditation, à la prière, au service d’autrui et à un sacerdoce accompli dans le plus total des dévouements. De sa naissance à «Blouza», petit hameau juché sur les falaises de la «Sainte Vallée» aux alentours de Bécharré, jusqu’à ses premiers pas dans les ordres religieux avec une remarquable passion pour les études théologiques, en passant par sa nomination d’évêque maronite d’Alep, ce sont là matière à l’auteur de minutieuses descriptions d’une existence empreinte et remplie de l’amour de Dieu. Mais il y a aussi la narration de cet aspect relation avec d’autres hommes du pouvoir en cette époque — civil ou religieux — comme avec le patriarche Estephan Doueihy, l’Emir Abdallah Abillama ainsi que l’effort de rénovation que l’éminent prélat a déployé pour l’ordre maronite qui en fait une estimable et attachante figure de proue. Non seulement ecclésiastique mais historique. Vie passionnée, profil émouvant dans son humilité d’un homme vénérable depuis sa touchante première expérience monacale. Ce livre est un authentique témoignage de valeurs oubliées mais immortelles. Celles d’un besoin absolu du retour aux sources, celles de la transparence, de la dévotion inconditionnelle. C’est vrai, nous atteignons là aux cimes de la sainteté... Mais cet enfant de la vallée de Kadicha était justement touché par cette grâce, cette lumière, cette incandescence...
Edgar DAVIDIAN
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Que connaissons-nous au juste des grandes figures théologiques qui ont régi les paroisses religieuses dans notre pays aux confessions en mosaïque? Voilà un livre édifiant, éclairant, sur un personnage illustre en son temps mais que les siècles ont recouvert d’un pudique voile d’oubli. Pour réparer justement cet outrage du temps «Le patriarche Gabriel Blouzani» (348 pages) est un ouvrage généreusement documenté, rédigé dans une langue simple et claire, plume à la fois enthousiaste et réservée par le père Charbel Abi Khalil, Antonin. Né en 1630, mort en 1705, ce patriarche est le 58e «père spirituel» maronite et le 15e patriarche du couvent «Deir Saydett Kannoubine». Il est l’enfant de la vallée des Saints, à proximité de Bécharré, au Liban-Nord. Il a connu la profondeur et la majesté de cette vallée...