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Actualités - Chronologie

Les invulnérables Maïmaï, fer de lance de la rebellion



GOMA (Zaïre), 7 Mars (AFP). — Les redoutables guerriers des tribus Maï Maï, que les Zaïrois considèrent invulnérables aux balles grâce à leur «pouvoir magique», se battent en première ligne aux côtés des rebelles.
«S’ils ont troqué leurs sagaies et leurs flèches contre des fusils d’assaut AK47, leur nudité totale pour un uniforme des forces armées rebelles, ils créent toujours autant la panique au sein des troupes gouvernementales lorsqu’ils partent à l’assaut poussant leurs cris de guerre», rapporte Guy, un camionneur qui rentre du front nord, le plus menaçant pour la ville de Kisangani.
«Même les troupes de la Division spéciale présidentielle (DSP-troupes d’élite au service du président Mobutu Sese Seko) abandonnent leurs armes sans même combattre lorsqu’ils détectent la présence de nos soldats Maï Maï», affirme un commandant rebelle.
«Ici, explique le pasteur américain Win Hurlburt, tous les Zaïrois accordent aux guerriers Maï Maï des pouvoirs magiques».
«Leur cruauté — on les accuse souvent de cannibalisme — et leur audace devant le danger due à la consommation de drogues puissantes ont créé le mythe de leur invincibilité», ajoute le religieux.
Pour venir à bout de certains villages Maï Maï récalcitrants à l’enrôlement, les rebelles ont exécuté les «féticheurs», interdit les initiations des jeunes, et mis à prix la tête de chefs, offrant de fortes récompenses pour leurs captures.
Ces deux derniers mois, les troupes rebelles ont ainsi pourchassé les bandes de Maï Maï dans la région de Butembo (nord-est sur la frontière ougandaise), pilonnant leurs positions et exécutant en public les sorciers réputés invincibles. De même les villages de montagne sur la route Goma-Bukavu (sud-est) ont été «pacifiés» et les guerriers incorporés dans les rangs rebelles.
Juvenal Mwinihire, un chef coutumier du Masisi (ouest de la frontière rwandaise, est formel: «Les Maï Maï se sont presque tous rangés au côté des forces de l’Alliance (rébellion)».
«Il ne reste que quelques petits groupes de bandits Maï Maï qui se cachent dans les forêts», ajoute M. Mwinihire.
M. Corrado Capradossi, un hôtelier italien qui vit aux confins de la frontière rwandaise et ougandaise, se souvient encore d’un groupe d’une dizaine de guerriers Maï Maï qui a fait fuir dernièrement des milliers d’habitants de la région ainsi que des dizaines de soldats de la DSP.
A Rwindi, un guerrier Maï Maï, nu et armé d’une lance, est arrivé dans le hall de son hôtel portant une lettre annonçant la venue dans la ville, le lendemain, d’un groupe Maï Maï.
«Terrorisés, tous les habitants du secteur se sont immédiatement enfuis, se souvient-il, y compris les soldats gouvernementaux».
«Une cinquantaine de militaires des forces spéciales de Mobutu ont immédiatement abandonné leurs armes et retiré leurs uniformes».
«Ces vaillants soldats, fortement armés, préféraient plutôt que d’affronter un petit groupe de Mai Maï, déguenillés, sales et brandissant des lances, courir dans le parc à la rencontre des lions».
Les Maï Maï, de la tribu des Hunde, des montagnards de la région de Masisi, ont une longue tradition d’extermination et de pillages de leurs ennemis traditionnels hutus et tutsis qu’ils considèrent comme des envahisseurs.
Mais aujourd’hui le chef rebelle Laurent Désiré Kabila ne leur a guère laissé le choix qu’entre la soumission et l’enrôlement dans ses troupes ou la mort.
La terreur qu’inspirent les Maï Maï est un atout supplémentaire pour la rébellion. «Un grand nombre de Maï Maï, affirme un commandant rebelle, a été amené à proximité de Kisangani, le dernier fief des troupes gouvernementales, pour participer à l’assaut».
GOMA (Zaïre), 7 Mars (AFP). — Les redoutables guerriers des tribus Maï Maï, que les Zaïrois considèrent invulnérables aux balles grâce à leur «pouvoir magique», se battent en première ligne aux côtés des rebelles.«S’ils ont troqué leurs sagaies et leurs flèches contre des fusils d’assaut AK47, leur nudité totale pour un uniforme des forces armées rebelles, ils créent toujours autant la panique au sein des troupes gouvernementales lorsqu’ils partent à l’assaut poussant leurs cris de guerre», rapporte Guy, un camionneur qui rentre du front nord, le plus menaçant pour la ville de Kisangani.«Même les troupes de la Division spéciale présidentielle (DSP-troupes d’élite au service du président Mobutu Sese Seko) abandonnent leurs armes sans même combattre lorsqu’ils détectent la présence de nos...