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Actualités - Chronologie

Vol au dessus d'un nid de Coucou fait un tabac

SARAJEVO, 7 Mars (AFP). – La célèbre pièce de théâtre américaine «Vol au-dessus d’un nid de coucou» fait un tabac à Sarajevo où plus de la moitié de sa population souffre de syndromes post-traumatiques liés à la guerre.
La pièce, tirée d’un roman écrit par Ken Kesey, décrit les sévices psychologiques imposées par une infirmière en chef à un groupe de patients souffrant de troubles mentaux.
L’ordre dictatorial qu’elle a établi est bousculé par l’arrivée d’un nouveau patient, se faisant passer pour un fou après avoir violé une mineure, qu’elle ne parviendra finalement à neutraliser que par une lobotomie au grand désarroi du reste des patients.
L’adaptation de cette pièce à Sarajevo, rendue mondialement célèbre au cinéma par l’interprétation du rôle principal confié à l’acteur américain Jack Nicholson, comporte des allusions au conflit bosniaque.
Et au-delà de toute attente, le public de Sarajevo parvient à rire aux éclats lorsque ses acteurs jouent des scènes de la guerre, notamment la peur suscitée par des tirs d’obus, dont le bruit est pourtant gravé dans la mémoire de ses habitants.
Le choix de rire des méthodes utilisées par la psychiatrie est également une façon habile de rappeler que l’ancien leader des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, considéré comme l’un des principaux responsables du drame bosniaque, est également psychiatre.
Ce dernier, recherché pour crimes de guerre par la justice internationale, est passé maître dans l’art d’effacer l’identité des individus pour les besoins de l’instrumentalisation d’une politique et justifier aux yeux des Serbes le siège de la capitale.
Aujourd’hui, selon des sources médicales, un habitant sur deux à Sarajevo souffre de syndromes post-traumatiques. Sa population actuelle est estimée à 350.000 personnes.
Un Croate de confession musulmane, Mustafa Nadarevic, ancien acteur fétiche du metteur en scène Emir Kusturica, a relevé le difficile pari de réaliser cette pièce jusqu’au bout.
Une multitude de difficultés, notamment de nature financière, ont failli empêcher la concrétisation de son projet, mais 21 sponsors ont finalement réglé ce problème.
Par ailleurs, l’Académie nationale de Sarajevo ne compte qu’une trentaine d’acteurs, la majorité d’entre eux ayant été tués durant la guerre ou bien sont trop âgés pour continuer à jouer des rôles.
Ils étaient notamment spécialisés dans les rôles des partisans combattant les forces hitlériennes durant la Seconde Guerre mondiale dans des films qui inondaient encore les postes de télévision juste avant que la guerre n’éclate en Bosnie.
M. Nadarevic, qui n’a pas son semblable pour joué le rôle de l’espion apparatchik ravagé par les remords, a mis ses talents de comédien au service du théâtre à Sarajevo dans ses moments les plus difficiles. Il a engagé pour les besoins de cette pièce de jeunes acteurs sans véritable expérience.
C’est à la maison de la police, sur les hauteurs de Sarajevo, que des centaines de personnes se pressent tous les soirs pour assister à la représentation. Des fauteuils dépareillés ont été rajoutés dans les allées, les places étant insuffisantes pour combler la demande du public.
M. Nadarevic refuse de faire des commentaire sur M. Kusturica, un enfant de Sarajevo, qui a remporté deux fois la Palme d’Or au festival de Cannes. Ce dernier est considéré comme «un traître» pour «avoir rallier la cause des Serbes de Bosnie».
Mais la Bosnie et ses mondes contradictoires sont une source d’inspiration permanente pour M. Kusturica dont le dernier film controversé «Underground» fait l’objet de projections privées à Sarajevo.
SARAJEVO, 7 Mars (AFP). – La célèbre pièce de théâtre américaine «Vol au-dessus d’un nid de coucou» fait un tabac à Sarajevo où plus de la moitié de sa population souffre de syndromes post-traumatiques liés à la guerre.La pièce, tirée d’un roman écrit par Ken Kesey, décrit les sévices psychologiques imposées par une infirmière en chef à un groupe de patients souffrant de troubles mentaux.L’ordre dictatorial qu’elle a établi est bousculé par l’arrivée d’un nouveau patient, se faisant passer pour un fou après avoir violé une mineure, qu’elle ne parviendra finalement à neutraliser que par une lobotomie au grand désarroi du reste des patients.L’adaptation de cette pièce à Sarajevo, rendue mondialement célèbre au cinéma par l’interprétation du rôle principal confié à l’acteur...