Depuis lundi, la délégation américaine aux Nations Unies refuse toute discussion sur ce texte de résolution qui qualifie les implantations d’«illégales» et d’«obstacle majeur» à la paix.
Mardi, les Etats-Unis avaient boycotté une réunion d’experts chargés d’affiner le projet en réaffirmant que l’ONU n’est pas l’enceinte appropriée pour discuter de questions «bilatérales» israélo-palestiniennes.
Mercredi toutefois, le secrétaire d’Etat Madeleine Albright, s’adressant à Benjamin Netanyahu, s’est déclarée «surprise» par le projet israélien, précisant que les USA «avaient été pris de court» et étaient, de ce fait, dans une position délicate aux Nations Unies, ainsi que l’a souligné une source officielle américaine.
Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a estimé que «les Etats-Unis tenteront sans doute d’infléchir le gouvernement israélien pour qu’il revienne sur sa décision de construire Har Homa».
Yasser Arafat, président de l’Autorité palestinienne, a été reçu mercredi de manière informelle par les 15 membres du Conseil de Sécurité, avant un débat public sur «la situation dans les territoires occupés» organisé à la demande du groupe arabe à l’ONU.
Dans des déclarations à la presse juste avant la réunion informelle, M. Arafat a qualifié de «sérieuse» la décision israélienne de construire un nouveau quartier à Djebel Abou Ghneim (Har Homa en hébreu), au sud-est de Jérusalem. Cette décision, a-t-il dit, a «affecté le processus de paix» et «nous devons trouver une solution pour protéger» ce processus.
Le débat en séance publique au Conseil de Sécurité, qui devait initialement se tenir mardi à 15h30 GMT, a été reporté, visiblement pour donner du temps aux négociations en coulisses.
Le simple fait que le débat ait été reporté de plus de vingt-quatre heures, à la demande conjointe des Américains et des Palestiniens, indique que M. Arafat (qui était jusqu’à mardi à Washington) a déjà obtenu certaines contreparties, a estimé une source européenne.
Ces contreparties, a ajouté cette source, pourraient être liées au degré de redéploiement de l’armée israélienne dans les territoires occupés ou simplement au fait que Washington ne s’opposerait pas, avec un veto, à la résolution critiquant la colonisation à Jérusalem-Est.


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