Plus de 3000 personnes s’étaient rassemblées sous l’immense tente du Beirut Hall. Agglutinée autour des podiums, la foule bigarrée se trémoussait au son d’une «dance-music» d’enfer.
String en cuir ou tutu, perruque, plumes, paillettes, perles, maquillage théâtral, perchées sur des talons cothurnes, les «reines» n’ont fait leur appartition sous les «spotlights» qu’à minuit. Accompagnés d’une troupe de danseurs et danseuses, «Friedrich», «Dario» et «Orlando» se sont donnés en spectacle. Déhanchements lascifs et moues provocantes sur une musique «disco» et «techno» spécialement concoctée par Laurent Wolf, le DJ du «Queen».
Mais le spectacle était aussi dans la salle. A commencer par ces deux travestis locaux, juchés sur des talons aiguilles, le visage peinturluré, des plumes dans les cheveux... Ou, ces pseudos dandys, au look androgyne, le geste gracieux et le détail vestimentaire qui fait «in»: lunettes noires en pleine nuit, crâne rasé, boucles d’oreilles et macarons sur la tête... Il y avait aussi un groupe de grands-mères, qui avaient l’air de se demander par quel jeu du hasard ou du destin elles avaient atterri là! Et quelques couples (pas nécessairement «hétéros»), soudain pris d’une frénésie d’affection.
Dans sa grande majorité cependant, le public était bien sage, se contentant de regarder cette «curiosité» en provenance de la plus branchée des boîtes parisiennes. Vers la fin de la soirée, consommation aidant, quelques jeunes gens, ne discernant sans doute plus entre nombril et nombril, ont pris d’assaut les strings de ces «danseuses du ventre» d’un genre particulier pour y glisser des billets de ... 1000 livres.
Enfin, vers 4h30 du matin, leur petite fortune sur le corps, les trois «divas» se sont jetées dans les bras de la foule, en délire cette fois, pour une finale digne de cette soirée à l’atmosphère sulfureuse.
Zéna ZALZAL


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