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Actualités - Chronologie

Sotheby's éclaboussé par des accusations de trafic d'oeuvres d'art

LONDRES, 6 Février (AFP). — L’univers feutré des marchands d’art londoniens était secoué jeudi par les accusations de fraude qui entachaient la réputation de Sotheby’s, la plus vieille et la plus riche maison de ventes aux enchères du monde.
La firme créée en 1744 à Londres a été prise au piège par un journaliste, Peter Watson, qui lançait jeudi une offensive médiatique en entamant la publication par épisodes dans le «Times» de son livre «Sotheby’s: Inside Story». Tandis que la télévision privée Channel Four diffusait un documentaire qui montrait un des responsables de Sotheby’s organisant la sortie illégale d’Italie d’une œuvre d’art.
En mars 1996, Watson a acheté pour 9.500 livres (15.000 dollars environ) une toile de Guiuseppe Nogari, maître italien du XVIIIe siècle, intitulée «Vieille femme à la coupe», raconte le Times.
Une de ses complices, munie d’une caméra cachée dans une broche, s’est ensuite rendue chez Sotheby’s à Milan (nord de l’Italie) où Roeland Kollewijn, le spécialiste de la maison de vente, lui a expliqué que la toile se vendrait bien plus chère à Londres ou New York qu’en Italie.
«Je ne vous dit pas cela en tant que Sotheby’s», lui dit-il, filmé à son insu, expliquant comment, pour 450 livres, il peut s’arranger pour que l’œuvre aille «à une adresse à Londres». «Puis, raconte-t-il, un expert de Sotheby’s y va et s’exclame: Oh, quelle surprise (...). Si quelque chose tourne mal, il dit: j’ai vu cette peinture à Londres. Je ne savais pas que le propriétaire l’avait exportée illégalement».
Le documentaire montre comment la toile arrive, en effet, à Londres où elle est finalement vendue le 28 mai pour 7.000 livres. Bien moins cher qu’à Naples (sud de l’Italie)...

«Un cas isolé»

Dès que l’affaire a été connue, George Bailey, directeur général de Sotheby’s Europe, a annoncé avoir suspendu des membres du personnel et ouvert une enquête, tout en soulignant qu’il s’agissait là du cas «isolé d’un employé ayant enfreint les règles» parmi les 1.600 personnes travaillant pour la firme.
M. Watson «a été dans d’autres parties du monde pour essayer de piéger mon personnel. Mais il n’a réussi qu’une fois», a-t-il insisté sur la BBC.
Sur la même radio, en revanche, le journaliste a affirmé détenir des documents montrant que ce trafic «a lieu depuis un bon moment». «Le commerce des antiquités et des peintures des grands maîtres est de toute évidence mené de manière inappropriée et doit être purgé», a-t-il assuré.
Cas isolé ou trafic sur grande échelle, l’affaire est en tout cas dommageable pour Sotheby’s, dont le chiffre d’affaires 1995 — le dernier connu — a atteint 1,6 milliard de dollars, une hausse de 25% sur 1994 bienvenue après les années de vaches maigres dues à la récession mondiale.
Car c’est sur sa seule réputation d’expert fiable et de bon vendeur qu’un marchand d’art peut attirer chez lui les propriétaires d’œuvres, dans un monde étroit où la compétition est rude entre Christie’s et Sotheby’s.
«Si nous ne sommes pas satisfaits de la provenance d’un article qui nous est apporté, nous ne le prenons pas,», assurait M. Bailey. «Nous avertissons les autorités si nous pensons que quelque chose est passé en contrebande», ajoutait-il.
La maison de New Bond Street s’élevait aussi contre les méthodes employées par Peter Watson, M. Bailey parlant de «piège» organisé.
Abondant dans son sens, le député Roger Gale, président du très influent comité conservateur sur les médias, jugeait ce genre d’enquête «suspect». «Nous n’avons jamais autorisé la police à se servir de subterfuges. Nous ne devrions donc pas autoriser la presse à le faire. Il s’agit là de quelque chose qui doit être examiné», dit-il.
LONDRES, 6 Février (AFP). — L’univers feutré des marchands d’art londoniens était secoué jeudi par les accusations de fraude qui entachaient la réputation de Sotheby’s, la plus vieille et la plus riche maison de ventes aux enchères du monde.La firme créée en 1744 à Londres a été prise au piège par un journaliste, Peter Watson, qui lançait jeudi une offensive médiatique en entamant la publication par épisodes dans le «Times» de son livre «Sotheby’s: Inside Story». Tandis que la télévision privée Channel Four diffusait un documentaire qui montrait un des responsables de Sotheby’s organisant la sortie illégale d’Italie d’une œuvre d’art.En mars 1996, Watson a acheté pour 9.500 livres (15.000 dollars environ) une toile de Guiuseppe Nogari, maître italien du XVIIIe siècle, intitulée «Vieille...