Les sources proches du président de la République soulignent dans ce cadre que rien ne justifiait l’absence de M. Berry, d’autant que c’est à la dernière minute que le président de la Chambre a informé le palais de Baabda qu’il ne sera pas présent à l’iftar. Recevant hier matin certains députés, dans le cadre de ses concertations hebdomadaires avec les blocs parlementaires, M. Berry a justifié son attitude en soulignant que c’est après avoir pris connaissance de la teneur du discours du chef de l’Etat qu’il a décidé de boycotter la réception offerte par le président Hraoui.
Cette version donnée par M. Berry est toutefois rejetée par les milieux proches du président Hraoui. Les sources en question soulignent que le chef du Législatif n’a pas eu le temps, pratiquement, de prendre connaissance à l’avance du discours du président de la République et, de ce fait, M. Berry a sans doute décidé, dès le départ, de ne pas se rendre à l’iftar. Les milieux susmentionnés reprochent en outre au président de la Chambre de n’avoir pas chargé un député de le représenter. Les sources présidentielles affirment, par ailleurs, que le chef de l’Etat avait pris la décision de ne pas prononcer son discours — ou tout au moins de le modifier — si M. Berry avait assisté à l’iftar.
En tout état de cause, le dossier des relations entre Baabda et le président de la Chambre a été évoqué au cours de l’audience nocturne que le président Hraoui a accordée au député Chaker Abousleiman qui souligne qu’il désire tenter de rétablir les ponts entre la première magistrature et M. Berry. Les derniers développements intervenus à ce propos ont fait l’objet, en outre, d’un entretien que le premier ministre Rafic Hariri a eu en début de soirée avec M. Berry à la résidence de ce dernier, à Aïn el-Tiné. M. Hariri devait ensuite regagner sa résidence de Koraytem afin de conférer avec le ministre des Déplacés et leader du PSP, M. Walid Joumblatt, en présence du député Marwan Hamadé.
En apparence, les ponts paraissent ainsi coupés entre le président Hraoui et M. Berry. Il reste qu’en politique, rien n’est, évidemment, irréversible. Et déjà certains observateurs s’interrogent sur le fait de savoir si la fête de Saint-Maron et la fête du Fitr fourniront une nouvelle occasion au chef de l’Etat et au président de la Chambre de rétablir le contact entre eux, ne fût-ce que par téléphone.


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