La France compte actuellement 26,6 millions d’actifs, un nombre qui pourrait croître jusqu’à près de 28 millions vers 2006 pour redescendre ensuite. Ainsi, en 2040, la population active pourrait ne plus compter que 26 millions de personnes, comme en 1993.
La population active devrait croître d’environ 150.000 personnes par an d’ici la fin du siècle soit à un rythme un peu inférieur à son évolution des dix années précédentes (+178.000) Cette progression ralentirait entre 2001 et 2005 (+124.000).
Puis, à partir de 2006, le nombre d’actifs diminuerait constamment, d’abord légèrement (-20.000), puis de façon plus marquée (-40.000 puis -70.000).
Ces résultats se fondent sur la prolongation des tendances des trente dernières années, concernant tant la démographie que les comportements d’activité, souligne l’Insee. Ce scénario suppose donc une poursuite du ralentissement de la fécondité (1,8 enfant actuellement par femme), ainsi qu’un apport migratoire annuel net voisin de celui observé depuis le milieu des années soixante-dix (+50.000).
La participation au marché du travail des hommes de 30 à 54 ans resterait stable. L’activité féminine continuerait à progresser. Celle des jeunes et des personnes de plus de 55 ans poursuivrait sa décroissance.
Les conséquences de
l’âge de la retraite
L’institut souligne par ailleurs que «le taux d’activité moyen (proportion d’actifs dans la population âgée de 15 ans et plus), stable durant les vingt-cinq dernières années aux alentours de 55%, devrait rester à ce niveau durant les dix années qui viennent».
Cette stabilité globale masque cependant des évolutions opposées: forte croissance pour les femmes, baisse pour les jeunes et les plus âgés. Le taux d’activité moyen devrait baisser par la suite en raison du vieillissement de la structure de la population totale.
La population active resterait largement concentrée aux âges intermédiaires (25-24 ans). Cette classe d’âge représente désormais plus de 80% des actifs, contre à peine plus de 60% il y a 25 ans. Son poids s’accroîtrait encore, pour atteindre près de 84% en 2000, puis se stabiliserait autour de 80%.
De 1968 à 1995, la part des moins de 25 ans dans la population active a diminué de moitié. Elle est désormais inférieure à 10%. Ceci vient davantage de «la baisse de leur participation à l’activité bien plus que de l’affaiblissement de leur poids démographique».
On devrait arriver rapidement à une stabilisation du taux d’activité de cette tranche d’âge en raison d’un ralentissement du développement de la scolarisation dès le début du siècle prochain.
La Dares souligne par ailleurs que la France se caractérise par une faible participation à l’activité des personnes âgées de plus de 55 ans. Leur part dans la population active est passée de 18,7% à 9,4% de 1968 à 1995.
Aujourd’hui, il n’y a quasiment plus d’actifs de plus de 70 ans et ceux de 65-69 ans sont très peu nombreux.
Le taux d’activité des femmes, qui n’a cessé d’augmenter, passant de 45% en 1968 à presque 80% en 1995, devrait rester à un niveau élevé. Il est cependant difficile de savoir quel sera son taux maximum.
La Dares souligne qu’un changement significatif des comportements d’activité des jeunes et des femmes aurait un impact réduit sur la population active mais qu’en revanche une remontée significative de l’âge de la cessation d’activité l’accroîtrait très fortement.


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