«Elle ne viendra pas. Je suis en contact avec elle. Elle est à New Delhi», a déclaré Me Nandlal Jaiswal à Kanpur dans le nord de l’Inde, où Phoolan Devi devait comparaître et être arrêtée mardi.
Le tribunal de Kanpur, dans l’Etat de l’Uttar-Pradesh, avait émis il y a une dizaine de jours contre la jeune femme un mandat d’arrêt exécutoire le 4 février.
Son avocat a affirmé que l’ex-«reine des bandits» ne se soustrayait pas à la justice mais qu’elle avait engagé un recours légal auprès d’une instance supérieure.
De son côté, la police de Kanpur a indiqué que des recherches étaient en cours pour retrouver Phoolan Devi. «Nous avons envoyé des hommes à New Delhi, mais nous n’avons pas pu la trouver. Elle se cache pour éviter d’être arrêtée», a déclaré un officier de police.
La jeune femme, dont la vie aventureuse a fait l’objet de plusieurs livres et d’un film, est notamment accusée d’avoir tué 22 hommes de haute caste en 1981, dans un village de l’Uttar-Pradesh, pour se venger d’un viol collectif.
Elle a passé 11 années en prison, sans avoir été jugée pour ce crime qu’elle nie, et avait été remise en liberté provisoire en 1994, mais un certain nombre de charges continuent à peser sur elle, dont celles ayant trait au massacre.
Elle a depuis réussi une remarquable reconversion en se faisant élire député en mai dernier, sous la bannière d’une formation politique, le Samajwadi Party (parti socialiste), qui défend les intérêts des basses castes, dont Phoolan Devi est elle-même issue.
Sa libération avait été rendue possible par la décision du premier ministre de l’Uttar-Pradesh, M. Mulayam Singh Yadav, aujourd’hui ministre fédéral de la Défense, de lui accorder un pardon.
Mais les familles des victimes du massacre de 1981 se sont pourvues en justice contre cette décision, ce qui explique la reprise des poursuites.
La Cour suprême indienne avait refusé récemment la demande de la jeune femme d’être jugée dans un autre Etat. Celle-ci affirmait que le tribunal de Kanpur risquait de se montrer partial contre elle et qu’elle ne pourrait bénéficier d’un procès équitable.


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