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Actualités - Chronologie

Au Libéria, les combattants marchandent âprement leur démobilisation

MONROVIA, 31 Janvier (AFP). — Les combattants libériens marchandent âprement à Monrovia avant de rendre leurs armes, à quelques jours de la fin du processus de désarmement dans ce pays dévasté par une guerre civile depuis sept ans.
Armes «en état de marche» ou «hors d’usage»? La réponse fait encore l’objet de discussion entre les membres de factions et les soldats de la force ouest-africaine de paix chargés des opérations.
Si l’arme est opérationnelle, le combattant se voit remettre un ticket lui permettant de recevoir 25 kilos de riz, 25 kilos de farine bulgur, un pantalon, un tee-shirt, une boîte de poisson, cinq litres d’huile, et une bourse d’études pour un an.
Venu, comme une centaine d’autres combattants armes à la main au principal centre de désarmement de la capitale, un ancien membre du Front national patriotique du Liberia, faction qui avait lancé la guerre civile le 24 décembre 1989, entame une plaidoirie en faveur de son matériel: «C’est une arme, c’est un mortier. Je charge, je tire».
«Il n’y a pas de base. Si tu t’en sers comme ça, tu te brûles», lui répond, baladeur sur les oreilles, un sergent nigérian de l’ECOMOG, la force ouest-africaine de paix au Liberia.
«Pas de polémique ici, les officiers des Nations Unies trancheront en dernier ressort», déclare son supérieur, le capitaine Akapama.
«Avant, on donnait une radio par arme, mais maintenant on a peu de radios, on en donne une pour deux armes», ajoute l’un des militaires nigérians affectés à ce poste, sur U.N. Drive, l’une des principales artères du centre-ville, à deux pas du ministère de l’Information.
Justement, l’information n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Joe Gibson, 41 ans, explique aux militaires que son arme est double. Son M16 américain est doté d’un embout pour tirer des RPG de 40 mm. C’est donc bien de deux armes qu’il s’agit.
«Je suis lieutenant-colonel des forces spéciales du NPFL, explique-t-il. J’ai saisi cette arme sur les AFL (l’ancienne armée régulière) pendant les combats de 1990. Je suis fatigué des combats. Je viens du comté de Sinoe (sud-est du pays) pour désarmer, car en brousse, on nous donne moins qu’à Monrovia en échange de nos armes». Il a quelques chargeurs en main, au cas où on lui donnerait un supplément de prime.
Il proclame cependant: «Je veux la paix. Peu importe ce qu’on me donne, je m’en moque, je veux la paix»...
Le calme règne. Un camion de l’ECOMOG arrive dans la cour du centre, ses passagers criant des slogans pour «la paix, la paix, le Conseil pour la paix (LPC) veut la paix». Une cinquantaine de combattants de cette faction — rivale du NPFL — débarquent du camion. Parmi eux, Peter C. Collie. Il affirme avoir quatorze ans mais n’en a sans doute pas plus de dix. Il vient apporter des «munitions» en état de marche et obtient donc le bon ticket.
Interrogé sur la manière dont il les a obtenues, il hausse les épaules! «Je suis soldat, c’est facile pour un soldat…».
Commencé le 22 novembre, le désarmement doit théoriquement se terminer à la fin de la semaine, le 31 janvier.
Passé ce délai, l’ECOMOG aura le droit d’arrêter toute personne armée. Mais pour l’instant, seule une dizaine de milliers de combattants ont fait la démarche sur les quelque 60.000 que compterait le pays.
Les enfants traumatisés sont envoyés vers l’UNICEF ou les organisations non-gouvernementales spécialisées. Les adultes se voient proposer des travaux de réhabilitations contre un salaire et de la nourriture.
MONROVIA, 31 Janvier (AFP). — Les combattants libériens marchandent âprement à Monrovia avant de rendre leurs armes, à quelques jours de la fin du processus de désarmement dans ce pays dévasté par une guerre civile depuis sept ans.Armes «en état de marche» ou «hors d’usage»? La réponse fait encore l’objet de discussion entre les membres de factions et les soldats de la force ouest-africaine de paix chargés des opérations.Si l’arme est opérationnelle, le combattant se voit remettre un ticket lui permettant de recevoir 25 kilos de riz, 25 kilos de farine bulgur, un pantalon, un tee-shirt, une boîte de poisson, cinq litres d’huile, et une bourse d’études pour un an.Venu, comme une centaine d’autres combattants armes à la main au principal centre de désarmement de la capitale, un ancien membre du Front...