Cent ans et toujours jeune. C'est un peu ce qui ressort de la cérémonie organisée par la ministre de l'Éducation, Mme Bahia Hariri, à l'occasion du centième anniversaire de la revue hebdomadaire al-Hasnaa. Mais au-delà de cet anniversaire, qui en dit long sur la situation de la femme au Liban au début du siècle dernier et qui coïncide avec la Journée de la femme arabe le 1er février, Mme Hariri a voulu rendre un double hommage à la presse libanaise et à la femme libanaise et arabe en général.
La ministre de l'Éducation avait donc convié tout ce qui compte dans le monde des droits de la femme et de la presse féminine à une cérémonie suivie d'un déjeuner à l'hôtel Phoenicia. En tête des présents, la Première dame Mme Wafa' Sleiman, l'épouse du Premier ministre Mme Hoda Siniora, l'ancienne ministre Leila Solh Hamadé, Mme Mona Hraoui, le ministre de l'Information Tarek Mitri, le bâtonnier de l'ordre des avocats Ramzi Joreige et le président de l'ordre de la presse Mohammad Baalbacki.
Devant un auditoire attentif, Mme Bahia Hariri a commencé par rendre hommage à Mme Sleiman assurant que sans son appui, il lui aurait été difficile d'organiser une telle cérémonie, « tant les défis sont immenses à l'heure actuelle pour la femme arabe en général et palestinienne en particulier ». La ministre de l'Éducation a commencé par avouer que face aux épreuves endurées par les femmes palestiniennes à Gaza, elle s'est demandé s'il n'était pas préférable de laisser passer cet anniversaire, pour permettre aux femmes de panser leurs nombreuses blessures. Mais elle a finalement choisi de ne pas céder au désespoir et de transformer les dates sombres en occasions d'espérer. Elle a préféré laisser les souvenirs des malheurs derrière elle pour multiplier les promesses d'avenir. C'est ainsi que comme elle avait appelé à organiser des festivités pour la commémoration du 13 avril 1975, date du déclenchement de la guerre civile, pour en faire l'occasion rêvée de montrer que les Libanais ont choisi de dire non à la guerre et qu'ils ont fait le pari de se retrouver, elle a voulu que cette Journée de la femme arabe soit aussi celle de la vie.
Tout en se demandant quelle était la situation des femmes aux États-Unis et en Europe en 1909, au moment où la Libanaise se dotait de la revue al-Hasnaa, elle a affirmé que cet hebdomadaire, qui a réussi à traverser les années, reflète non seulement le visage de la femme libanaise, mais celui d'un peuple courageux, dans un pays merveilleux. Mme Hariri a appelé à un immense élan de solidarité avec la femme de Gaza, un élan qui serait aussi un cri en faveur de la liberté et de la paix.
Le ministre de l'Information Tarek Mitri a également rendu hommage à l'hebdomadaire féminin qui a été racheté il y a dix ans par le groupe de Raouf Abou Zeki et dont Nadine Abou Zeki assure désormais la direction. Mitri a aussi salué l'ensemble de la presse libanaise qui montre chaque jour son dynamisme et son souci de refléter toutes les opinions et les soucis des citoyens. Nadine Abou Zeki a ensuite expliqué la renaissance de la revue al-Hasnaa qui, malgré ses cent ans, a réussi à trouver un nouveau souffle et à rester à la pointe de la modernité. Elle a rendu hommage à Mme Bahia Hariri, « le modèle de la femme militante, à la fois conservatrice et moderne ». Mohammad Baalbacki, pour sa part, a parlé de la presse libanaise en général et il a rendu hommage à Rafic Hariri qui a favorisé l'adoption de la nouvelle loi sur l'information qui est, selon lui, d'une grande modernité.
S. H.

