Des immeubles de la banlieue sud de Beyrouth, détruits par des frappes israélienne. Photo L'Orient-Le Jour/Mohammad Yassine
Les centaines de kilos d’explosifs interceptés le 5 octobre à Dahr el-Baïdar étaient acheminés de la Békaa « vers la banlieue sud de Beyrouth », a révélé lundi le ministre de la Justice, Adel Nassar, dans un entretien accordé à MTV. Affirmant que ces matières sont capables de « faire exploser un quartier entier », il a demandé le renvoi du dossier devant la Cour de justice et assuré que personne ne pourrait entraver l’enquête.
« Personne ne s’immiscera dans la justice et personne ne pourra retarder l’enquête sur l’affaire des explosifs transportés par le Hezbollah », a déclaré M. Nassar.
Selon le ministre, « le simple fait de stocker de telles matières dans une zone habitée constitue un crime et justifie des poursuites ». Lors de la réunion ministérielle de lundi, il a demandé que le dossier soit renvoyé devant la Cour de justice et que les investigations se poursuivent afin d’identifier la provenance des explosifs ainsi que la partie qui devait les réceptionner.
La Cour de justice est une juridiction pénale d’exception compétente pour juger les crimes portant atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’État, ainsi que certains crimes contre la sécurité publique. Ses décisions ne sont pas susceptibles de recours.
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions autour de l’arsenal du Hezbollah, que l’État libanais s’est engagé à désarmer. De plus, les experts ont reconnu des types d’explosifs utilisés dans des assassinats passés, comme celui de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri en 2005, ce qui a ravivé la crainte d'un retour aux assassinats politiques. Le Premier ministre, Nawaf Salam, avait assuré plus tôt en journée qu’il n’y aurait « ni indulgence ni laxisme » dans le traitement de ce dossier, promettant d’identifier les auteurs de l’opération et leurs commanditaires. Réagissant aux accusations visant sa formation, le député du Hezbollah Ibrahim Moussaoui a rejeté dans l'après-midi toute implication dans la préparation d’attentats et défendu le droit de la « résistance » à la légitime défense tant que les agressions israéliennes se poursuivent.
Parallèlement, l'armée libanaise a annoncé lundi la saisie d'environ 200 kilos de matières explosives dans le secteur de Qasr-Hermel, à la frontière avec la Syrie. Selon le communiqué militaire, les explosifs, conditionnés dans des sacs et transportés à dos de mulets, étaient destinés à être introduits clandestinement depuis le territoire syrien. Une source sécuritaire citée par L'Orient-Le Jour a précisé que cette saisie n'était pas liée à celle de Dahr el-Baïdar.