Des membres des forces gouvernementales yéménites soutenues par l’Arabie saoudite marchent le long d’une route en terre près du front de Jabal Han, à l’ouest de la ville de Taëz, après de violents combats survenus plus tôt dans la journée contre les houthis du Yémen, qui auraient tenté de prendre le contrôle de l’axe principal reliant la ville de Taëz, dans l’intérieur du pays, à la ville côtière d’Aden, le 3 octobre 2026. Photo AHMAD AL-BASHA / AFP
Les houthis pro-iraniens du Yémen ont coupé dimanche un axe vital reliant Taëz, grande ville du sud-ouest qu'ils encerclent désormais, à Aden, où siège le gouvernement internationalement reconnu, ont affirmé à l'AFP des sources sécuritaires et des témoins.
« Nous avons été informés de la prise du secteur d'al-Safiya par les Houthis, qui ont coupé la route principale et pris le contrôle du commissariat de police », a déclaré à l'AFP une source au sein de la police de cette localité, dans une région secouée depuis plusieurs jours par des combats.
Trois sources distinctes au sein des forces armées yéménites présentes dans la région ont confirmé la prise du secteur et de cet axe d'approvisionnement au sud de Taëz par les houthis tandis que des témoins ont affirmé à l'AFP avoir entendu d'intenses combats dans les localités d'al-Safiya et d'al-Samsara.
Ces deux localités se trouvent le long de l'axe principal reliant Taëz, capitale du gouvernorat du même nom et troisième ville la plus peuplée du pays, au gouvernorat de Lahj et celui d'Aden, où siègent les autorités internationalement reconnues, la capitale yéménite, Sanaa, étant tenue par les houthis. La fermeture de cet axe empêche le gouvernement d'acheminer des approvisionnements et des renforts à Taëz, majoritairement aux mains de ses forces.
Les combattants antigouvernementaux sont ainsi parvenus dimanche à encercler de nouveau la ville, qu'ils avaient déjà assiégée en 2015, avant que les forces gouvernementales ne brisent partiellement le siège l'année suivante. Depuis, les houthis maintenaient leurs positions au nord, à l'est et à l'ouest de Taëz. Après la reprise en juillet des hostilités au Yémen, après des années d'accalmie, les affrontements font rage sur plusieurs fronts depuis plusieurs jours, à l'intérieur des terres et sur les hauteurs surplombant les régions côtières récemment conquises par les houthis. Jeudi, les combats avaient fait des dizaines de morts dans les deux camps.
Le mouvement houthi a infligé en septembre d'importants revers aux forces gouvernementales yéménites et à leur allié saoudien, renforçant son emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb. Ils mènent régulièrement des frappes contre l'Arabie saoudite, qui dirige une coalition militaire soutenant le gouvernement, et contre la flotte du royaume, premier exportateur mondial de brut. Riyad est intervenu dans le conflit yéménite en 2015 à la tête d'une coalition internationale, un an après le déclenchement de la guerre avec la prise de Sanaa par les houthis, qui contrôlent de vastes régions du nord.