Flydubai passengers react after realising there is commotion in the cockpit, SeptemberRéaction des passagers de FlyDubai après avoir constaté une agitation dans le cockpit, le 30 septembre 2026, sur cette capture d'écran tirée d'une vidéo fournie par la compagnie. Vidéo fournie par la compagnie via REUTERS
Les autorités israéliennes avaient bien reçu la liste des membres de l’équipage du vol de FlyDubai, qui avait failli tourner au drame mercredi, mais ont échoué à repérer la présence du copilote omanais de mère syrienne, soupçonné d’avoir voulu faire crasher l’avion après avoir attaqué son commandant de bord indien, rapporte dimanche le quotidien Haaretz.
Ce vol de la compagnie émiratie devait relier Dubaï à Tel-Aviv, avec plus de 150 Israéliens à son bord. Il a atterri en urgence dans un aéroport saoudien, après une attaque à la hache du commandant de bord par son copilote. Un média officiel émirati avait rapporté samedi que l’enquête sur l’incident le qualifie « d’acte terroriste ». Les responsables israéliens, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont tôt fait de crier à la menace terroriste depuis le premier jour.
Toutefois selon le Haaretz, qui cite dimanche des sources de sécurité israéliennes, les autorités de l’État hébreu auraient dû identifier la menace de par la liste des membres d’équipage, qui leur était bien parvenue avant la date du vol. Les deux institutions principalement concernées sont le Mossad et le ministère des Transports, doté d’un département de sécurité.
La communication des listes des membres d’équipage est une procédure standard dès qu’il y a des passagers israéliens, ou que le vol concerne un aéroport israélien. Une loi de 2023 stipule que la liste des passagers et des membres d’équipage doit être livrée à l’Autorité israélienne des taxes 48 heures avant le vol, et transmise aux institutions concernées.
« Selon des sources de sécurité, la responsabilité incombe ‘sur le papier’ au ministère des Transports, alors que celui-ci ne dispose pas de la capacité à traiter de telles questions, celle-ci étant limitée au Mossad et au Shin Bet », poursuit l’article du Haaretz. Le Shin Bet, lui, affirme être responsable de la sécurité sur les vols des compagnies israéliennes, ainsi que des directives concernant l’aéroport Ben Gourion, mais pas sur les appareils des compagnies étrangères.
Dans le cas de l’incident de FlyDubai, « le nom du pilote, Hammam al-Hammami, qui est de mère syrienne et de père omanais, aurait dû apparaître immédiatement », estime le journal, qui affirme avoir reçu confirmation que l’Autorité israélienne des taxes a bien reçu cette liste. Le ministère n’a pas répondu aux questions du Haaretz, mais le ministre Miri Regev a déclaré à un autre média que ce sont les services de renseignement qui devraient consulter ces listes, pas son administration.
Un ancien chef de l’Aviation civile confirme cependant au Haaretz que le ministère est bien responsable de cette vérification, « avec l’aide du Mossad et du Shin Bet », déplorant que le gouvernement israélien ait échoué jusque-là à créer un seul service intégrant toutes les autorités responsables de la sécurité aérienne.
Selon plusieurs médias internationaux, Hammam Hammami était frappé d'une interdiction de piloter des avions pour des raisons de sécurité par les autorités omanaises. Celles-ci estimaient qu'il avait été radicalisé par des groupes islamistes lors d'un séjour en Syrie. D'après ces mêmes médias, il avait rejoint FlyDubai après avoir quitté son employeur Oman Air et postulé sans succès auprès de la compagnie Emirates.
Benjamin Netanyahu a affirmé qu'il avait « subi un endoctrinement islamiste radical » et « avait l'intention de faire s'écraser l'avion avec ses passagers ».
