Navires dans le détroit d'Ormuz, vus depuis Musandam, à Oman, le 2 octobre 2026. REUTERS/Stringer
L’info du jour
Les déclarations iraniennes se sont succédé dimanche matin, pour montrer que les dirigeants de la République islamique ne plient pas face aux États-Unis. Le président du Parlement, Mohammad Baqer Qalibaf, a affirmé que « le détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les sept conditions iraniennes (dans l'accord conclu en juin à Islamabad, Ndlr) ne seront pas remplies », rapporte l’agence Nournews,. Il a accusé « les Américains de tenir un discours différent dans les médias », alors qu’ils ont, selon lui, « récemment présenté des propositions par l’intermédiaire d’un médiateur ».
« Ils doivent comprendre que l’époque où ils pouvaient faire traîner les choses et imposer des exigences unilatérales est révolue », a-t-il lancé. Pour lui, la position de la République islamique est « claire et ferme ».
Pour sa part, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré qu’il « n’y a pas de solution militaire » au conflit entre son pays et les États-Unis. Il a assuré qu’en cas de confrontation, « notre riposte sera plus forte qu’auparavant, et nous nous défendrons avec plus de force encore ». S’exprimant devant des ambassadeurs étrangers, il a estimé qu’il n’existait « aucune solution militaire, ni aucune solution fondée sur de nouvelles sanctions ».
Pourquoi c’est important
Alors que les pourparlers entre l’Iran et les États-Unis sont officiellement au point mort, ils se poursuivraient en coulisses, comme le confirment les propos de Qalibaf dimanche. Officiellement, l’Iran avait envoyé aux États-Unis le 22 septembre un plan en sept jours qui aurait permis de rouvrir le détroit d’Ormuz, pratiquement fermé depuis le début du conflit. Téhéran a déclaré avoir reçu une réponse américaine le 30 septembre, sans en dévoiler la teneur.
L’expression de l’intransigeance iranienne, par la voix de ses deux principaux négociateurs, le président du Parlement et le chef de la diplomatie, pourrait être une réaction aux menaces du président américain Donald Trump, cette semaine, sur de nouvelles frappes en Iran s'il s'avérait que ce pays est impliqué dans l’incident de l’avion FlyDubai, qu’un co-pilote omanais aurait tenté de crasher mercredi avec plus de 150 Israéliens à bord. À ces menaces s’ajoutent les informations concernant un renforcement de la présence militaire américaine autour de l’Iran, bien qu’aucune frappe sur le territoire iranien n’ait été rapportée depuis le 1er septembre.
La fermeture, même partielle, du détroit d’Ormuz face aux navires, notamment aux pétroliers, a un impact important sur les prix des carburants de par le monde. La déclaration de Qalibaf dimanche matin montre que son pays continue d’utiliser son ascendant sur ce détroit comme carte maîtresse dans ses pourparlers avec les États-Unis.
Ce sur quoi il faut garder un œil
Deux soldats israéliens ont été blessés au Liban-Sud durant le week-end, dont un grièvement, dans ce qui a été décrit comme « un accident opérationnel » par l’armée israélienne dimanche. Dans un message sur X, elle a assuré qu’une enquête a été lancée et qu’elle se poursuit, ajoutant que les deux militaires ont été évacués vers un hôpital dans l’intérieur israélien. D'après les premières conclusions de l'enquête, « les combattants ont été blessés par une grenade qui a explosé près d'eux alors qu'ils effectuaient des fouilles dans la ville de Majdel Zoun (Tyr) », selon le média israélien Kann News.
Ce développement intervient alors que les craintes d’un élargissement de l’offensive israélienne au Liban-Sud persistent, et que l’armée israélienne poursuit ses frappes et ses destructions à grande échelle. Le Hezbollah ne revendique pas d’opérations contre l’armée israélienne depuis l’instauration d’un cessez-le-feu entre les deux parties en juin, ce qui n’a pas empêché celle-ci de lancer des accusations contre lui à plus d’une reprise, lors d’incidents impliquant des blessés dans ses rangs.
Dans le reste de l’actu
- Les houthis revendiquent une attaque contre Aramco, Riyad dément
Les rebelles houthis du Yémen ont revendiqué dimanche « une opération militaire d’envergure, utilisant plusieurs missiles balistiques et drones, pour viser Aramco », le géant pétrolier saoudien, à Riyad. Les hostilités se poursuivent entre les houthis pro-iraniens et l’Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite internationalement reconnu. Ce n’est pas la première fois que des installations de la compagnie pétrolière saoudienne sont visées. Toutefois, dimanche, Riyad a démenti l’attaque des houthis, par la voix du général Turki al-Malki au journal Asharq Al-Awsat. Les revendications des houthis seraient, selon lui, « trompeuses ».
- Des soldats israéliens aident des colons à s'emparer d'oliveraies palestiniennes
Des soldats israéliens ont soutenu des colons, qui se sont emparés samedi d'oliveraies palestiniennes, et plusieurs blessés ont été signalés à travers la Cisjordanie occupée, ont indiqué des témoins et des secouristes à l’AFP.
- La Russie va intensifier ses attaques contre l’Ukraine en réponse aux déclarations de Zelensky
La Russie a annoncé dimanche qu'elle allait « intensifier » ses frappes sur les infrastructures ukrainiennes, en réponse à des déclarations du président Volodymyr Zelensky qui a promis d'accroître les attaques de Kiev contre les raffineries russes. « À la suite des déclarations faites par Zelensky, les frappes des forces armées russes contre les installations militaires et industrielles, ainsi que contre les infrastructures qui y sont liées, à Kiev et dans d'autres régions d'Ukraine, seront intensifiées », a indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué.



Le point à 19h : Nouvelle percée des houthis et contre-offensive annoncée ; l'Iran hausse le ton ; des obus tombent près d'un groupe de journalistes au Liban-Sud