Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, assistant à une audience de la Cour suprême à Jérusalem, le 1er octobre 2026. Photo Ilia Yefimovich/AFP
La Commission électorale israélienne a infligé une amende au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, pour une vidéo dans laquelle il menace d'« exécuter » un détenu palestinien, jugée relever d'une « propagande électorale » aux frais des contribuables.
Selon la décision consultée vendredi par l'AFP, la commission a estimé que le ministre avait violé les règles électorales en publiant cette séquence en pleine campagne pour les législatives du 27 octobre prochain, alors que son déplacement en prison relevait de son activité gouvernementale.
Figure d'extrême droite qui ambitionne de devenir ministre de la Défense en cas de victoire de la coalition gouvernementale dont il fait partie, Itamar Ben Gvir se met fréquemment en scène dans des vidéos où il invective et menace des détenus palestiniens dans les prisons israéliennes.
Le 27 septembre, il a publié sur X une séquence, depuis retirée de son compte mais toujours accessible en ligne, dans laquelle il s'adresse à Hassan Salameh, membre du mouvement islamiste palestinien Hamas, condamné à plusieurs peines de prison à perpétuité pour avoir orchestré des attentats ayant fait 45 morts en Israël en 1996.
« Je veux te tuer. Je veux t'exécuter », lui lance M. Ben Gvir, ajoutant en légende qu'avec « l'aide de Dieu, en tant que ministre de la Défense, j'agirai pour que des terroristes meurtriers comme lui soient exécutés ».
Saisie par deux ONG, la Commission, chargée de veiller au respect des règles électorales, lui a ordonné jeudi soir de retirer la vidéo et verser 20 000 shekels (environ 5 800 euros) aux deux organisations plaignantes, dont le Comité public contre la torture en Israël (PCATI).
« La vidéo est considérée comme de la propagande électorale » et il est « établi que des ressources publiques ont été utilisées » pour sa réalisation, « ce qui constitue une violation » des règles, précise le document.
« Nous espérons que les décisions répétées de la Commission électorale dissuaderont le ministre de continuer à utiliser les prisons comme si elles étaient sa propriété privée et d'humilier les détenus dans le cadre de sa propagande électorale », a réagi Merav Ben-Zeev, directrice juridique du PCATI.
En mars, cet allié du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, avait célébré au champagne, vidéo à l'appui, l'adoption par le Parlement d'une loi instaurant la peine de mort « pour les terroristes », visant les Palestiniens reconnus coupables d'attaques anti-israéliennes meurtrières.