Critiques littéraires

Nadim Bou Khalil fait feu de tout bois


Nadim Bou Khalil fait feu de tout bois

Faussaires sous un même ciel de Nadim Bou Khalil, Éditions Oser Dire, 2026, 393 p.



Nadim Bou Khalil fait feu de tout bois. Littéralement. Il se penche et ramasse à pleines brassées tous les objets, toutes les émotions et les valeurs qui, des multiples réalités, lui tombent sous la main et il en fait de la poésie. Ce qui signifie qu’il les rend à la vie, parallèle et secrète. Le poète se penche surtout vers les bouches d’ombre de la langue pour y cueillir, à pleines dents, des mots de tous les jours et les rendre à leur liberté première.


Ainsi, comme les supermarchés, le poète Nadim Bou Khalil est ouvert en permanence, sept sur sept, vingt-quatre sur vingt-quatre. Pour preuve, ce volume de 393 pages qui vient de paraître, avec ses mille poèmes, alors que l’encre du précédent recueil est à peine sèche !


« … Tu poses tes lèvres sur ma tempe

comme on tisse un pont en lianes… »


« L’amour a ôté ses chaussettes

pour mieux marcher sur la braise ».


« … ce clin d’œil a provoqué

la fracture de mon regard ».


« Demain j’irai me ressourcer

du côté de tes seins

… vers la jarre bleue de l’éternel ».


Que le lecteur ne se méprenne pas : ces vers ne sont pas choisis. Il suffit d’ouvrir Faussaires sous un même ciel, pour glaner à toute page des images détonnantes et improbables, des fractures du sens et de la réalité.


Adepte du célèbre « Beau comme la rencontre fortuite, sur une table de dissection, d’un parapluie et d’une machine à coudre » que les surréalistes ont emprunté à Lautréamont pour y fonder l’esthétique de la poésie de l’après-guerre mondiale, Nadim Bou Khalil, « gentil criminel », désespéré notoire, donne un « coup de balai dans l’habitude », celle de la langue, comme celle de la société, coups de pieds dans le postérieur des « Faussaires », pour que nous puissions survivre.


Faussaires sous un même ciel de Nadim Bou Khalil, Éditions Oser Dire, 2026, 393 p.Nadim Bou Khalil fait feu de tout bois. Littéralement. Il se penche et ramasse à pleines brassées tous les objets, toutes les émotions et les valeurs qui, des multiples réalités, lui tombent sous la main et il en fait de la poésie. Ce qui signifie qu’il les rend à la vie, parallèle et secrète. Le poète se penche surtout vers les bouches d’ombre de la langue pour y cueillir, à pleines dents, des mots de tous les jours et les rendre à leur liberté première.Ainsi, comme les supermarchés, le poète Nadim Bou Khalil est ouvert en permanence, sept sur sept, vingt-quatre sur vingt-quatre. Pour preuve, ce volume de 393 pages qui vient de paraître, avec ses mille poèmes, alors que l’encre du précédent recueil est à peine sèche !« …...
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