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Dernières Infos - Argentine

Vers un procès par contumace d'Iraniens et Libanais pour l'attentat de 1994 à Buenos Aires


Pompiers et policiers cherchent des blessés après l'explosion d'une bombe à l'Association mutuelle israélite argentine (AMIA en espagnol) à Buenos Aires, le 18 juillet 1994. Photo d'archives AFP

La justice argentine a fait un pas de plus lundi vers un éventuel procès par contumace de huit suspects, iraniens et libanais, pour l'attentat à la bombe contre la mutuelle juive Amia à Buenos Aires, qui avait fait 85 morts et 300 blessés en juillet 1994.

Dans une synthèse transmise à l'AFP, un juge fédéral indique avoir prononcé la mise en accusation de sept Iraniens et d'un Libanais, pour implication présumée dans cet attentat à la voiture piégée, le plus meurtrier de l'histoire de l'Argentine, jamais revendiqué et à ce jour impuni. Un tournant dans cette procédure de plus de 30 ans a eu lieu en juin 2025, lorsque la justice argentine a habilité un procès par contumace, qui n'existait pas auparavant dans la loi. Un changement du Code pénal en mars 2025 l'a rendu possible pour les crimes d'une extrême gravité. L'acte d'accusation ne vaut pas garantie de procès : il est susceptible d'appel, seule une instance supérieure confirmant le renvoi éventuel en procès. « Il reste encore toute une procédure », a expliqué à l'AFP le juge Daniel Rafecas.

L'acte porte sur sept ex-fonctionnaires ou diplomates iraniens, et un membre du Hezbollah. Des dix inculpés initiaux, le magistrat a abandonné les poursuites contre deux pour manque de preuves. Le juge conclut que « la décision de commettre l'attentat a été prise en août 1993 par les plus hautes instances du régime iranien et confiée au Hezbollah ». Les autorités argentines, comme Israël, suspectent depuis longtemps que l'attentat de l'Amia (Association mutuelle israélo-argentine) a été commandité par l'Iran, avec l'appui opérationnel du Hezbollah.

L'Iran a toujours nié toute responsabilité, et refusé que ses responsables de l'époque soient interrogés. Certains avaient explicitement démenti toute implication, tels l'ancien chef de la diplomatie Ali Akbar Velayati. Un autre ex-ministre, Ahmad Vahidi (Intérieur) et l'ex-chef des renseignements Ali Fallahian, figurent parmi les accusés au titre d' « auteurs indirects » ou instigateurs. Un ex-ambassadeur en Argentine, Hadi Soleimanpour, comme « complice nécessaire ».

L'Argentine a été par deux fois dans les années 90 la cible d'attentats anti-juifs. En 1992, un attentat contre l'ambassade d'Israël à Buenos Aires avait fait 29 morts et plus de 200 blessés. Le juge Rafecas a sollicité l'avis de la Cour suprême pour éventuellement lier les deux procédures, sur la base de l'implication présumée du Hezbollah dans les deux.

La communauté juive d'Argentine, avec près de 300.000 membres, est la plus importante d'Amérique latine.

La justice argentine a fait un pas de plus lundi vers un éventuel procès par contumace de huit suspects, iraniens et libanais, pour l'attentat à la bombe contre la mutuelle juive Amia à Buenos Aires, qui avait fait 85 morts et 300 blessés en juillet 1994.Dans une synthèse transmise à l'AFP, un juge fédéral indique avoir prononcé la mise en accusation de sept Iraniens et d'un Libanais, pour implication présumée dans cet attentat à la voiture piégée, le plus meurtrier de l'histoire de l'Argentine, jamais revendiqué et à ce jour impuni. Un tournant dans cette procédure de plus de 30 ans a eu lieu en juin 2025, lorsque la justice argentine a habilité un procès par contumace, qui n'existait pas auparavant dans la loi. Un changement du Code pénal en mars 2025 l'a rendu possible pour les crimes...