Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Liban

Salam défend la place de Raggi dans la diplomatie libanaise, après les critiques de Geagea


Salam défend la place de Raggi dans la diplomatie libanaise, après les critiques de Geagea

Le Premier ministre Nawaf Salam au Grand Sérail, lors d'un entretien avec L'Orient-Le Jour, le 14 septembre 2025. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour

Le Premier ministre Nawaf Salam a répondu dimanche soir aux critiques formulées peu auparavant par le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, qui avait reproché au président Joseph Aoun et au chef du gouvernement d’avoir « mis à l’écart » le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi. Le leader maronite a interpellé ces deux pôles du pouvoir au sujet de l'absence de son protégé lors de leurs visites à l'étranger. L'absence de M. Raggi a été particulièrement remarquée lors de la visite de Joseph Aoun à Washington en juillet.

M. Salam a rejeté toute marginalisation du chef de la diplomatie, assurant être en « coordination et coopération permanentes » avec lui et rappelant que la politique étrangère du Liban est définie par le Conseil des ministres et ne pouvait être conduite par « une personne ou un ministère indépendamment du gouvernement ».

Nawaf Salam a précisé dans sa publication que la composition des délégations officielles et la participation des ministres aux déplacements à l’étranger dépendaient « de la nature de chaque visite, de son ordre du jour et de ses exigences ». Il a assuré être en « coordination et coopération permanentes » avec Joe Raggi sur tout ce qui concerne la politique étrangère et annoncé que ce dernier l’accompagnerait à la prochaine session de l’Assemblée générale des Nations unies, puis à une réunion avec le secrétaire d’État américain à Washington. « Il n’est donc nullement question de réduire son rôle ou de l’écarter », a-t-il affirmé. Des propos tenus alors que le chef de la diplomatie libanaise s'est rendu lundi matin au Caire pour participer à la 166e session du Conseil de la Ligue arabe, qui se tient au niveau des ministres des Affaires étrangères. M. Raggi doit prononcer le discours du Liban à la séance d’ouverture et tenir une série de rencontres en marge de la réunion.

Dans un communiqué publié sur X, Nawaf Salam a rappelé que, selon la Constitution, le Conseil des ministres « définit la politique générale du gouvernement dans tous les domaines, y compris la politique étrangère », tandis que chaque ministre la met en œuvre dans le cadre de ses prérogatives. « La politique étrangère de l’État libanais n’est donc pas celle d’une personne ou d’un ministère indépendamment du gouvernement », a-t-il insisté.

« Oubliez son nom et sa personne. Joe Raggi représente une institution, celle du ministère des Affaires étrangères », avait martelé Samir Geagea dans un discours prononcé à l’occasion de la messe annuelle pour les « martyrs » de son parti, estimant que son protégé payait le prix de ses prises de positions. « Sa seule faute est de s’être attaché à la véritable politique de l’État, là où les autres se sont abstenus d’agir », avait-il lancé. Le chef des FL était également revenu sur la décision du Palais Bustros de déclarer persona non grata l’ambassadeur désigné d'Iran Mohammad Reza Chibani, une mesure qui aurait suscité des tensions avec le président Aoun, alors que la Sûreté générale avait octroyé au diplomate un permis de séjour de « courtoise ». À la mi-août, Samir Geagea s’était déjà « étonné » de l’absence de M. Raggi pendant les visites de Joseph Aoun à Washington puis à Ankara. Cette mise à l’écart remarquée avait fait couler beaucoup d’encre, après des informations faisant état de la volonté du chef de l’État de rester seul aux commandes des négociations entre le Liban et Israël.

Nawaf Salam a également réagi aux critiques de Samir Geagea sur la lenteur des réformes, notamment financières. Il a rappelé que son gouvernement avait préparé trois textes portant sur le secret bancaire, la restructuration du secteur bancaire et le « trou financier », c'est-à-dire la loi visant à organiser la répartition de milliards de dollars de pertes financières et la restitution des dépôts. Les deux premiers ont été adoptés, tandis que le troisième est « entre les mains du Parlement depuis plus de neuf mois », a-t-il souligné.

Le Premier ministre a démenti les informations selon lesquelles le gouvernement envisagerait de retirer ce texte, affirmant au contraire souhaiter son examen et son adoption « dans les plus brefs délais ». « Les Libanais, et en particulier les déposants, ne peuvent, à juste titre, supporter davantage de retard », a-t-il ajouté, avertissant que toute tergiversation mettait en jeu la crédibilité du Liban auprès du Fonds monétaire international. M. Salam a enfin assuré que son gouvernement était en contact « presque quotidien » avec le FMI afin d’accélérer la conclusion d’un accord. « Il n’y a, de notre côté, ni tergiversation, ni atermoiement, ni retard », a-t-il conclu.

Le Premier ministre Nawaf Salam a répondu dimanche soir aux critiques formulées peu auparavant par le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, qui avait reproché au président Joseph Aoun et au chef du gouvernement d’avoir « mis à l’écart » le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi. Le leader maronite a interpellé ces deux pôles du pouvoir au sujet de l'absence de son protégé lors de leurs visites à l'étranger. L'absence de M. Raggi a été particulièrement remarquée lors de la visite de Joseph Aoun à Washington en juillet. M. Salam a rejeté toute marginalisation du chef de la diplomatie, assurant être en « coordination et coopération permanentes » avec lui et rappelant que la politique étrangère du Liban est définie par le Conseil des ministres et ne pouvait être conduite par « une...