La journaliste américaine Shelly Kittleson, enlevée le 31 mars à Bagdad par un groupe armé irakien soutenu par l'Iran. Photo AFP
La justice irakienne a condamné un homme à 15 ans de prison pour l'enlèvement de la journaliste américaine Shelly Kittleson en mars, a indiqué lundi à l'AFP une source judiciaire.
Elle avait été kidnappée à Bagdad le 31 mars par le groupe irakien pro-iranien Kataëb Hezbollah, au plus fort de la guerre au Moyen-Orient opposant l'Iran aux Etats-Unis et à Israël.
Les autorités irakiennes avaient rapidement annoncé l'arrestation d'un homme lié à cette faction, soupçonné d'être « l'un des ravisseurs ».
La journaliste avait finalement été libérée le 7 avril, quelques heures avant que Washington et Téhéran ne s'accordent sur un cessez-le-feu.
Selon un document relayé par les médias locaux, un tribunal pénal a condamné dimanche Amir Rahim Jabbar à 15 ans de prison, conformément « à la loi antiterroriste », pour le « crime d'enlèvement » de Mme Kittleson.
Une source judiciaire a confirmé à l'AFP l'authenticité du document, et une source au sein des Brigades du Hezbollah a confirmé la condamnation d'un membre du groupe.
Shelly Kittleson a partagé une copie du jugement sur X. « Je suis reconnaissante envers la justice irakienne pour l'attention portée à mon dossier, ainsi qu'envers tous ceux qui ont contribué à me tirer de là vivante », a-t-elle écrit.
Les Kataëb Hezbollah figurent parmi les nombreux groupes armés pro-iraniens à être intervenus en soutien à Téhéran au cours du conflit au Moyen-Orient déclenché le 28 février, revendiquant des attaques contre des installations américaines en Irak et dans la région.
Bagdad est sous pression croissante des Etats-Unis pour désarmer ces factions apparues dans les années ayant suivi l'invasion américaine de l'Irak, et endiguer l'influence de Téhéran.
Depuis son entrée en fonction en mai, le Premier ministre Ali al-Zaïdi s'est engagé à ce qu'elles remettent leurs armes à l'État.
Si certains groupes ont déclaré ces dernières semaines rejoindre les institutions étatiques, d'autres, plus proches de l'Iran, refusent d'obtempérer, comme les Kataëb Hezbollah qui ont accusé le dirigeant de se livrer à des « actions provocatrices et irresponsables ».
L'Irak a longtemps été un terrain de confrontation par procuration entre les Etats-Unis et l'Iran, les gouvernements successifs négociant un équilibre délicat entre ses deux principaux alliés, eux-mêmes ennemis.

