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Dernières Infos - Conflit

La guerre au Moyen-Orient, une aubaine pour le géant émirati de la défense


Un avion Emirates Boeing 777 se prépare à atterrir alors qu'une épaisse fumée s'élève d'un incendie en cours près de l'aéroport international de Dubaï, à Dubaï, le 16 mars 2026. Photo AFP.

Dans le désert d'Abou Dhabi, des ouvriers travaillent d'arrache-pied pour assembler drones et missiles, dans un marché dopé par la guerre au Moyen-Orient.

Si les près de 3.000 missiles et drones iraniens ayant visé les Emirats arabes unis ont écorné l'image de stabilité du pays, le conflit s'est révélé une aubaine pour Edge, son géant public de l'armement. « Avant la guerre, on n'avait qu'une poignée de produits qui avaient fait leur preuve sur un champ de bataille », souligne Khaled al-Zaabi, responsable du pôle Plateformes et systèmes, auprès de l'AFP. Depuis, « beaucoup d'entre eux » ont été testés en conditions réelles et la demande s'est multipliée, se réjouit-il, sans toutefois donner de chiffres.

Créé en 2019, Edge s'est imposé comme le premier groupe de défense dans le monde arabe, avec 19 000 employés et une production désormais tournée vers l'export. Il regroupe plus de 35 entreprises fabriquant des missiles, drones, véhicules blindés, navires militaires ou encore des technologies d'intelligence artificielle.

Défense aérienne

Pour Albert Vidal, de l'Institut international des études stratégiques (IISS), le groupe émirati devrait bénéficier de la hausse prévue des budgets de défense dans les pays du Golfe, notamment sur le volet aérien. Les solutions d'Edge dans ce domaine étaient encore en développement lorsque la guerre a éclaté, et l'expert s'attend à des « commandes importantes » au moment de leur lancement.

Halcon, l'une des filiales du groupe, cherche notamment à accélérer le développement de SkyKnight, un système de défense aérienne à courte portée attendu en 2028.

Face aux attaques iraniennes qui les ont particulièrement visés, les Emirats ont largement compté sur les coûteux systèmes américains Patriot et THAAD, consacrant plus de huit milliards de dollars à l'achat d'armements américains depuis le début de la guerre. Or « il n'est pas nécessaire de répondre à chaque menace avec un missile Patriot. On peut contrer les Shahed et ce type de drones avec des drones beaucoup moins chers », souligne Khaled al-Zaabi.

En mai, le président d'Edge et conseiller présidentiel, Faisal al-Bannai, a affirmé que 85% des interceptions de drones iraniens avaient été réalisées avec l'aide de brouilleurs produits localement. Des chiffres difficiles à vérifier de manière indépendante, selon M. Vidal.

Au Tawazun Industrial Park (TIP), à Abou Dhabi, les ambitions du groupe s'affichent pleinement. Michael Deshaies, directeur général d'EPI, autre filiale d'Edge, inspecte le chantier de construction d'une nouvelle usine qui s'étendra sur 5 600 mètres carrés. Objectif : devenir « l'un des plus grands » fabricants de micro-turboréacteurs, avec un accent sur le secteur de la défense plutôt que sur les avions commerciaux.

Expansion européenne

Le géant émirati n'a pas été épargné par les controverses : en 2024, l'ONG Amnesty International a affirmé que des véhicules blindés d'Edge équipés d'armes françaises avaient été utilisés par les paramilitaires soudanais, même si le groupe dément avoir vendu des armes au Soudan en guerre. Pas de quoi toutefois freiner son expansion à l'étranger, où la société multiplie les acquisitions d'entreprises de défense ou la prise de participations majoritaires.

Elle a ainsi réalisé 5 milliards de dollars de chiffres d'affaires en 2025, dont 70% à l'export.

Après s'être concentré sur les pays du Sud, notamment le Brésil, Edge a installé en juin son siège européen à Paris, espérant profiter de la hausse des budgets militaires en Occident, portée par l'invasion russe de l'Ukraine et les pressions américaines sur les membres de l'OTAN.

En France, le groupe compte notamment ouvrir une usine de production de moteurs et une autre de drones. Il « prévoit de produire en Europe et de mettre en avant la fabrication locale de ses produits, tout en tirant parti des réseaux des entreprises qu'il a achetées », explique l'analyste Albert Vidal.

« Si Edge veut se hisser parmi les dix premiers groupes de défense mondiaux en termes de chiffre d'affaires, il lui sera difficile d'y parvenir sans vendre aux pays occidentaux et membres de l'OTAN », souligne-t-il. Sachant que les dépenses militaires européennes représentent désormais plus de trois fois celles de l'Amérique latine, de l'Afrique et de l'Asie du Sud réunies.

Dans le désert d'Abou Dhabi, des ouvriers travaillent d'arrache-pied pour assembler drones et missiles, dans un marché dopé par la guerre au Moyen-Orient. Si les près de 3.000 missiles et drones iraniens ayant visé les Emirats arabes unis ont écorné l'image de stabilité du pays, le conflit s'est révélé une aubaine pour Edge, son géant public de l'armement. « Avant la guerre, on n'avait qu'une poignée de produits qui avaient fait leur preuve sur un champ de bataille », souligne Khaled al-Zaabi, responsable du pôle Plateformes et systèmes, auprès de l'AFP. Depuis, « beaucoup d'entre eux » ont été testés en conditions réelles et la demande s'est multipliée, se réjouit-il, sans toutefois donner de chiffres.Créé en 2019, Edge s'est imposé comme le premier groupe de...