L’évêque Ilario Antoniazzi (centre) conduit la procession des Rameaux au monastère franciscain catholique Saint-Sauveur, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 29 mars 2026. Photo AFP/John Wessels
Un tribunal de Jérusalem a acquitté un homme poursuivi pour avoir agressé une religieuse chrétienne dans la Vieille ville, trois mois après les faits, en raison d’une « irresponsabilité temporaire » liée à un « épisode psychotique », rapporte jeudi le quotidien israélien Haaretz, citant la chaîne publique Kan.
Le tribunal de première instance de Jérusalem a estimé que Yona Schreiber, 36 ans, arrêté en avril après avoir agressé une religieuse française près du tombeau du roi David, « souffrait d’un épisode psychotique au moment des faits et n’était donc pas responsable de ses actes ». Sur la base de l’évaluation du psychiatre de district, la cour a prononcé son acquittement et ordonné son hospitalisation, selon Kan. En avril, la police israélienne avait arrêté Yona Schreiber, qui faisait l’objet de soupçons d’agression à caractère raciste.
Un mois après les faits, lors d’une audition au Parlement, le député israélien de gauche Gilad Kariv, un rabbin libéral, avait qualifié l’agression d’« acte terroriste à tous égards ». Tout en saluant l’arrestation du suspect, il avait estimé que les autorités devaient aller plus loin.
Des images de vidéosurveillance montrent l’homme courir derrière la religieuse avant de la pousser au sol, puis s’éloigner. La tête de la victime heurte alors une structure en pierre. L’homme revient ensuite sur les lieux, lui donne des coups de pied et s’en prend à des témoins qui tentaient d’intervenir, selon le quotidien Haaretz.
Le consulat général de France à Jérusalem avait « fermement » condamné l’agression en avril, appelant à ce que son auteur « soit traduit en justice pour cet acte et que justice soit rendue ».
L’agression avait suscité une condamnation internationale, dans un contexte marqué par une multiplication des attaques visant les chrétiens de la part d’extrémistes juifs à Jérusalem-Est occupée et en Cisjordanie.
En mars, la police israélienne avait empêché le patriarche latin de Jérusalem, Pierbattista Pizzaballa, d’accéder au Saint-Sépulcre pour y célébrer la messe des Rameaux. Selon l’Église, il s’agissait de la première fois depuis des siècles qu’un responsable religieux de ce rang était empêché d’accomplir ce rite.
La Cisjordanie et Jérusalem abritent quelque 50 000 chrétiens palestiniens, membres d’une communauté religieuse implantée dans la région depuis l’Antiquité, au cœur d’une terre qui abrite plusieurs des lieux saints les plus importants du christianisme.

