(ARCHIVES) Cette photo, diffusée par l'US Navy le 8 mai 2026 par le service de presse du Commandement central des États-Unis, montre le destroyer lance-missiles de classe Arleigh Burke, l'USS Rafael Peralta (DDG 115), mettant en œuvre un blocus maritime contre le pétrolier iranien Herby, alors que ce dernier tentait de rejoindre un port iranien, le 24 avril 2026. AFP PHOTO / US CENTRAL COMMAND PUBLIC AFFAIRS
Après l'USS George Washington, l'USS Abraham Lincoln et l'USS Gerald Ford, ce sera le tour du porte-avions américain USS Theodore Roosevelt d'être à nouveau déployé dans le Golfe, dans la zone d'opérations du Commandement central (Centcom).
Les porte-avions américains enchaînent les déploiements d'une durée record depuis près d'un an, qui font beaucoup parler aux Etats-Unis, alors que la guerre lancée par Washington et Tel-Aviv le 28 février contre l'Iran approche des six mois. Les combats sont largement suspendus, mais aucune avancée diplomatique majeure ne se profile. Les deux camps restent notamment en désaccord sur le contrôle du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour l’approvisionnement mondial en pétrole, que Téhéran utilise comme moyen de pression. Les porte-avions américains déployés à tour de rôle dans la région y ont lancé ces derniers mois des frappes contre l'Iran et imposent un blocus sur les ports iraniens.
Selon le US Navy Institute, une association privée qui traite de questions liées à la marine américaine, qui a parlé au chef des opérations navales, l'amiral Daryl Caudle, et au maître-chef principal de la Marine américaine, John Perryman, le déploiement du groupe aéronaval du porte-avions Theodore Roosevelt est prévu pour « plus de sept mois ». Il devra quitter San Diego, en Californie, « dans les prochaines semaines » pour se rendre vers la zone d'opérations du Centcom, au Moyen-Orient, et « relever » l'USS George Washington.
L’USS Theodore Roosevelt (CVN-71) est un porte-avions à propulsion nucléaire de la classe Nimitz de la marine américaine. Il sera déployé avec une escadre embarquée et le groupe aéronaval (Carrier Strike Group) 11. Ces groupes comprennent habituellement deux croiseurs lance-missiles, deux bâtiments de défense antiaérienne et un ou deux destroyers ou frégates spécialisés dans la lutte anti-sous-marine, selon le site de la marine américaine.
Pas de fin en vue pour le déploiement américain au Moyen-Orient
Selon l'amiral Caudle, toujours cité par l'USNI, « l'engagement américain » au Moyen-Orient « ne semble pas près de prendre fin », ce qui crée du stress pour les marins et leurs familles et nécessite une meilleure anticipation et planification.
La marine américaine avait enregistré son plus long déploiement depuis la fin de la guerre froide avec l'USS Gerald Ford, avec 326 jours, ponctués toutefois de plusieurs escales, notamment en Méditerranée. L'Abraham Lincoln devrait, lui, rester déployé plus de 300 jours, sans avoir jamais fait escale dans un port.
Le 14 août, l'USS George Washington faisait route vers le Moyen-Orient pour prendre le relais de l’USS Abraham Lincoln, dans lequel les conditions de vie ont inquiété récemment des élus américains et les familles des marins. L’USS George Bush se trouve également en mer d’Arabie avec la Cinquième flotte de la marine américaine, selon des informations du Commandement central américain (Centcom) en juillet dernier. En mai, l’USS Gerald Ford avait quitté la Méditerranée après avoir enchaîné les avaries techniques, un départ qui avait réduit les capacités militaires américaines au Moyen-Orient.
La rotation entre l’USS Lincoln et l’USS Washington avait été programmée avant que les inquiétudes concernant les conditions à bord du Lincoln ne soient rendues publiques, a précisé au WSJ l’un des responsables américains interrogés.
La marine américaine dispose de onze porte-avions en service actif, qui nécessitent d’importantes périodes de maintenance après leurs déploiements. Selon Bryan Clark, ancien officier de marine et chercheur au Hudson Institute, les conséquences des opérations liées à la guerre contre l’Iran pourraient nécessiter jusqu’à trois ans avant que la flotte ne retrouve son niveau optimal de disponibilité.


