Le juge Fakhr al-Din al-Aryan (au centre) lors du prononcé de la peine contre Wasim el-Assad (à droite), cousin de l’ancien président syrien Bachar el-Assad, qui écoute le verdict depuis le box des accusés devant la quatrième cour criminelle de Damas, le 18 août 2026. Photo diffusée par l’agence officielle syrienne SANA/AFP
Un policier va être déféré devant la justice syrienne après la mort d'un homme qui avait subi des violences lorsqu'il était détenu par la police, a rapporté jeudi le président de la commission d'enquête.
Les autorités avaient annoncé dimanche avoir arrêté sept personnes après la mort le même jour de Mohammed Ghumeira, un homme de 29 ans travaillant pour le ministère de la Gestion des situations d'urgence et des catastrophes. Ce ministère avait indiqué qu'il était décédé « des suites de complications liées à des hémorragies cérébrales et gastro-intestinales, après avoir été battu alors qu'il était détenu » dans un commissariat de la province de Lattaquié.
Lors d'une conférence de presse dans la ville de Lattaquié, située dans l'ouest du pays, Ahmad Lattouf, président de la commission d'enquête sur cette affaire, a déclaré qu'un inspecteur serait déféré devant le parquet de Lattaquié. Sur la base des témoignages des agents du commissariat placés en garde à vue, la commission a conclu qu'Ahmed Jawad avait « giflé le détenu » pendant son interrogatoire, alors même que son supérieur l'avait informé de l'état de santé de Mohammed Ghumeira, qui souffrait d'hémophilie, une maladie qui empêche le sang de coaguler normalement.
La commission d'enquête a également chargé le ministère de l'Intérieur d'étendre l'enquête au chef du commissariat et à un autre enquêteur, selon M. Lattouf. Le chef de la commission d'enquête a reconnu une « grave erreur », tout en disant que les médecins avaient noté l'absence de tout autre signe de violence ou « de torture physique », comme l'en avait accusé dimanche un membre de la famille de la victime. Cette source, qui avait requis l'anonymat, a déclaré à l'AFP que Mohammed Ghumeira avait été accusé d'avoir volé une importante somme d'argent avant d'être relâché faute de preuves suffisantes.
La mort de Ghumeira a suscité de nombreuses condamnations, rappelant aux Syriens les mauvais traitements et actes de torture auxquels étaient soumis les prisonniers du temps de Bachar el-Assad, le président renversé fin 2024 par une coalition de groupes rebelles islamistes. Depuis, des organisations de défense des droits humains ont fait état d'autres décès de personnes se trouvant aux mains des forces de sécurité. Le ministre de l'Intérieur, Anas Khattab, a déclaré dans un communiqué que les autorités islamistes s'étaient soulevées contre l'ancien pouvoir « pour rejeter l'injustice et l'impunité ». « Dès lors, la construction d'un Etat de droit commence par notre capacité à (...) rendre justice à la victime ».

