La base d'Abou Dhouhour, en Syrie, 18 août 2026. REUTERS/Stringer/Photo d'archive
La Turquie a démenti jeudi toute présence militaire de sa part sur l'aéroport syrien visé mardi par Israël, se déclarant prête à protéger la souveraineté de Damas, sans toutefois envisager de riposte.
Israël a frappé mardi une base aérienne dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, fortement endommagée durant la guerre et restée hors service depuis 2012, estimant que le déploiement de troupes turques constituait une « menace ».
« Nous affirmons qu'il n'y avait aucune délégation militaire turque sur la base aérienne d'Abou Dhouhour avant ou pendant l'attaque menée par Israël contre cette base en Syrie », a déclaré à la presse un responsable du ministère turc de la Défense.
En retour, Ankara a prévenu jeudi qu'il continuera « résolument » de protéger l'intégrité et la souveraineté de la Syrie.
En revanche, la présidence turque a tenu à préciser qu'elle n'envisageait pas de riposte et qu'Ankara « ne tombera pas dans le piège » tendu par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
« Nous sommes suffisamment expérimentés pour ne pas tomber dans le piège de personnages comme Netanyahu, qui visent à saper la paix et la stabilité dans notre région » affirme le directeur de la communication de la présidence, Burhanettin Duran, dans un entretien à l'agence étatique Anadolu.
M. Duran dénonce les calculs politiques de M. Netanhyahu : ce dernier, estime-t-il, en accusant la Turquie, « s'accroche à cette position irrationnelle en raison des élections à venir, des tensions politiques internes et des craintes. Il perçoit l'hostilité envers la Turquie comme une bouée de sauvetage politique » ajoute-t-il.
Le contre-amiral Zeki Akturk, conseiller de presse du ministère de la défense, a dénoncé les frappes israéliennes de mardi qui « visent à attenter à la stabilité, à la sécurité, à l'unité et à l'intégrité de la Syrie ».
« Dans ce contexte, nous poursuivrons résolument nos efforts pour protéger la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie », a-t-il prévenu.
Avec cette attaque, condamnée par les Etats-Unis, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est prévalu d'avoir « clairement » signifié à la Turquie qu'elle ne devait pas installer de base en Syrie.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), ONG basée au Royaume-Uni et disposant d'un vaste réseau de sources en Syrie, une délégation militaire turque s'est récemment rendue à l'aéroport « dans le cadre des efforts en cours visant à le remettre en service ».