Des personnes portant des drapeaux de l'opposition syrienne se rassemblent lors de célébrations après qu’un tribunal syrien a condamné à mort le président déchu Bachar el-Assad et des responsables ayant servi sous son régime, à Idlib, en Syrie, le 11 août 2026. Photo REUTERS/Karam al-Masri
Les autorités syriennes ont arrêté un ex-officier de police locale ayant fui l'Autriche où il avait été condamné en juillet pour avoir torturé des opposants à l'ex-président Bachar el-Assad, renversé en 2024.
Les forces de sécurité de la province de Deraa (sud) « ont arrêtés l'ancien lieutenant colonel Musab Ahmad Abu Rukbah, qui a servi dans les branches de la sécurité criminelle et politique à Raqqa » (nord), sous le régime de Bachar el-Assad, a rapporté mardi soir l'agence de presse officielle syrienne Sana. Selon Sana, il était « entré illégalement sur le territoire syrien » et sera remis à la justice « pour recevoir sa juste peine », une fois les procédures judiciaires achevées.
Début juillet, une cour autrichienne avait condamné M. Abu Rukbah, ainsi que Khaled al-Halabi, ancien général des services de renseignement, à huit ans de prison. Le tribunal avait considéré que les exactions qu'ils avaient commises dans la ville de Raqqa entre avril 2011 et mars 2013 s'inséraient dans un cadre de « torture systématique organisée par l'Etat ».
M. Abu Rukbah a été « déclaré coupable de coups, de coercition, de blessures aggravées et d'agressions sexuelles », avait indiqué le tribunal dans un communiqué. La presse autrichienne a rapporté que M. Abu Rukbah avait quitté le pays après sa condamnation, sans en informer les autorités.
Plusieurs pays européens comme la France, l'Allemagne, la Suède et la Belgique, ont entamé des procédures de jugement de suspects de la guerre civile syrienne en vertu du principe de compétence universelle, qui permet aux tribunaux de statuer sur de graves crimes présumés, commis à l'étranger.
En avril, la justice syrienne a entamé les procès de Bachar el-Assad, qui a fui en Russie, et d'autres responsables, pour les atrocités commises pendant la guerre civile déclenchée par la répression brutale de manifestations prodémocratie. La semaine dernière, elle a condamné par contumace Bachar el-Assad et son frère Maher à la peine de mort, ce qui constituait les premières condamnations de membres de l'ancien pouvoir.
La justice a prononcé la même peine à l'encontre d'Atif Najib, cousin de Bachar el-Assad et ancien responsable de la sécurité, poursuivi pour crimes contre l'humanité et présent lors de son procès. Mardi, un autre cousin du dirigeant déchu, Wassim el-Assad, également présent dans le box des accusés, a été condamné à mort pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

