Le commandant en chef de l'armée libanaise Rodolphe Haykal et le mufti de la République Abdellatif Deriane a Dar el-Fatwa le 18 août 2026. Photo Ani
Le mufti de la République libanaise, Abdellatif Deriane, a salué « le rôle de l’armée et de son commandement avisé dans le maintien de la sécurité du pays », en recevant mardi à Dar el-Fatwa le commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, selon l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).
Selon l’Ani, le chef religieux sunnite a affirmé « son soutien à l’armée et aux efforts qu’elle déploie pour préserver la stabilité et la sécurité du pays ». À l’issue de la rencontre, le mufti a également salué « l’héroïsme et les sacrifices consentis et toujours consentis par l’armée libanaise pour faire face à l’agression israélienne contre le Liban et maintenir la sécurité et la stabilité dans le pays ».
Les déclarations d'Abdellatif Deriane ne précisent pas si la rencontre a porté sur la loi d’amnistie générale adoptée la semaine dernière par le Parlement. Très attendue dans la rue sunnite, cette loi, qui permet finalement la libération de 86 détenus islamistes, a été vivement critiquée par l’armée libanaise, opposée à toute mesure permettant à des personnes ayant tué des soldats d’en bénéficier. Lors du vote au Parlement, un différend avait même opposé le ministre de la Défense Michel Menassa et le Premier ministre Nawaf Salam. Ce dernier avait refusé, au nom de la cohésion gouvernementale, que M. Menassa prononce un discours pour défendre l'armée et critiquer la libération des islamistes.
Plusieurs soldats de l’armée libanaise ont été tués dans des attaques israéliennes depuis le début, le 2 mars, de la guerre de cette année entre le Hezbollah et Israël. L’armée libanaise est actuellement chargée de se déployer et de désarmer le Hezbollah dans des « zones pilotes » au Liban-Sud, conformément à l’accord-cadre conclu fin juin entre les gouvernements libanais et israélien. En vertu de cet accord, ce processus doit avoir lieu en échange d’un retrait israélien de ces zones.
L’armée israélienne occupe toujours plus de 60 villages libanais malgré le « cessez-le-feu » décrété mi-juin et y mène quotidiennement des opérations de destruction d’infrastructures.
Abdellatif Deriane a également reçu mardi à Dar el-Fatwa le député chrétien Adib Abdel Massih, selon l’Ani. À l’issue de la rencontre, celui-ci a déclaré : « En ces temps, que chacun se replie sur sa propre communauté est la plus grande erreur que nous puissions commettre dans ce pays », insistant sur « la nécessité de se tourner vers l’État libanais et vers le principe du vivre-ensemble ».

