Une vue des quatrièmes Rencontres de Mtein le 10 août 2026. Photo fournie par Change Lebanon
À l’invitation de Change Lebanon, groupe d’action et de réflexion, les Rencontres de Mtein se sont tenues le 10 août 2026, réunissant pour la quatrième année consécutive acteurs de la société civile et personnalités des mondes politique, économique, académique et associatif.
Dans son mot de bienvenue, Hadi Antoun, président sortant de Change Lebanon, a souligné l’importance de ces rencontres, qui permettent à ce mouvement issu de la diaspora de maintenir un ancrage fort au Liban et de rester au plus près des réalités du terrain. En donnant la parole aux différentes sensibilités et tendances politiques, Change Lebanon entend également offrir un espace de dialogue ouvert et pluraliste.
Après avoir salué la dynamique et la gouvernance de la nouvelle équipe municipale de Mtein, Hadi Antoun a donné la parole au président de la municipalité, Gaby Abousleiman, qui a remercié Change Lebanon pour un projet de restauration lié à l’école municipale qui était en attente depuis 13 ans.
La secrétaire générale de l’association, Lina Zakhour, a annoncé l’élection, lors de l’assemblée générale annuelle, d’un nouveau conseil d’administration ainsi que d’un nouveau président, Fadi Halout. Elle a rappelé la genèse de cette association indépendante fondée en France, à l’initiative de citoyens libanais et
franco-libanais souvent contraints d’émigrer. Son objectif principal est de contribuer à œuvrer activement à la consolidation au Liban d’un État de droit souverain, libéré de toute corruption et émancipé d’ingérences étrangères. Change Lebanon en est à sa 250e réunion et invite régulièrement à des discussions publiques des acteurs de la vie politique, sociale, financière et culturelle.
Lina Zakhour a ensuite égrené les principales activités effectuées durant l’année écoulée dans le domaine de l’influence, ainsi que certaines des actions humanitaires ou culturelles. Sans oublier le cycle de conférences Dardacha initié à Paris par la section des jeunes au sein de Change Lebanon. Elle a rappelé les initiatives menées en coordination avec différents mouvement de la diaspora, notamment en vue de la modification de la loi électorale dans son volet relatif au mode de vote des expatriés. Plus particulièrement, l’abrogation de l’article qui limite le vote des Libanais de l’étranger les confinant à seulement six circonscriptions de l’étranger aux contours indéfinis.
A aussi été mis en exergue l’événement phare organisé par Change Lebanon en septembre 2025 : la Soirée d’amitié France-Liban qui s’est tenue sous le haut patronage d’Emmanuel Macron, à l’Institut du monde arabe à Paris, un moment fort de dialogue, qui a réuni les décideurs et politiques libanais et français.
Roy Mahfouz, membre du conseil d’administration, a exposé la vision de l’association au regard de la situation de guerre qui sévit au Liban ainsi que des pourparlers en vue d’un règlement avec Israël. Pour Change Lebanon, l’union nationale ainsi que la solidarité naturelle et inconditionnelle entre tous les citoyens d’un même peuple en souffrance ne laissent aucune place aux discours de haine, de repli communautaire ou de division. Assurant sa volonté de confier aux autorités représentatives de l’État et à elles seules les prérogatives de défense des intérêts du Liban ainsi que la difficile mission de pacification du pays, Change Lebanon affirme son adhésion au principe des négociations diplomatiques avec Israël dont les premiers attendus sont la cessation définitive des hostilités et le recouvrement par le Liban de l’intégralité de son territoire, le retour de l’ensemble des habitants du Sud et la libération des prisonniers libanais. Tout accord de paix conclu avec Israël dans le seul intérêt supérieur du Liban et des Libanais doit reposer sur des engagements réciproques, soutenus par des partenaires crédibles et encadrés par des garanties internationales. Le débat a permis aux personnalités présentes, dont le ministre Fadi Makki, de donner leur éclairage et d’exprimer leurs différentes opinions. Riad el-Assaad en particulier a fait un compte-rendu poignant des destructions dans le Sud.
Hady Farah, membre fondateur de Change Lebanon, a amorcé ensuite la discussion autour du volet socio-économique. Il s’est concentré sur le citoyen qui est en rupture de confiance avec l’État et vit dans l’anxiété du quotidien, avec une mention pour les déposants, qui voient des valses de plans sans solution parce que personne n’a le courage de dire que l’argent a été volé et de demander aux voleurs de rendre des comptes. Il a souligné qu’au-delà de la question d’Israël et des armes du Hezbollah, le Liban était encore sous la coupe d’une « mafia œcuménique » et, tout en soulignant la qualité du gouvernement actuel, a mis en avant la nécessité d’une souveraineté financière pour éviter une situation d’État qui mendie et de peuple qui mendie un État. Il a proposé ensuite à chacun de prendre un engagement d’une action, à sa portée, dans l’année qui vient, parce que toutes et tous avons un rôle à jouer, sans attendre et blâmer les autres, pour sortir de la crise. Il a enfin donné la parole aux présents, notamment Saadé Chami qui a effectué une intervention remarquée.

