Des filles afghanes lisent le Saint Coran dans une salle de classe traditionnelle à la madrasa ou école islamique Al Subhan, dans le village de Salihan, district de Panjwai à Kandahar, le 8 juillet 2026. Photo Sanaullah SEIAM / AFP
Environ 2,4 millions de jeunes Afghanes sont privées d'éducation secondaire depuis le retour au pouvoir des talibans il y a cinq ans, estime l'Unesco, qui a appelé mardi à la fin des « discriminations » dans le pays.
Elles sont 200.000 de plus en 2026 qu'en 2025 (2,2 millions), et « si l'interdiction perdure, près de quatre millions de filles pourraient (en) être privées d'ici 2030 », affirme l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture dans un nouveau rapport. « Ces restrictions réduisent à néant deux décennies de progrès en matière d'accès à l’éducation » puisque le nombre de filles scolarisées dans l'enseignement secondaire, très limité en 2001, était passé à près d'un million en 2021, ajoute-t-elle.
« Les femmes et les filles afghanes ont le droit d'apprendre, c'est un droit humain fondamental. Elles ont le droit de travailler. Elles doivent jouir de la liberté de mouvement (...) sans être contraintes d'être accompagnées ou surveillées, ni subir d'interdictions au sein de leurs communautés », a affirmé Hoda Jaberian, coordinatrice de programme pour l’éducation dans les situations d'urgence lors d'un point presse. « L'Unesco condamne une fois de plus les discriminations à l'encontre des femmes et des filles et appelle au rétablissement immédiat et inconditionnel de leur droit à l'éducation », a-t-elle ajouté, appelant « le monde à ne pas détourner le regard ».
Ces discriminations s'inscrivent dans une crise plus large du secteur éducatif: plus de la moitié des enfants en âge d'aller à l'école primaire sont totalement déscolarisés, et plus de 90 % des enfants de dix ans ne savent pas lire un texte simple.
Des difficultés aggravées par le manque d'eau potable, d'installations sanitaires et de chauffage dans les écoles, mais aussi les catastrophes naturelles (séismes, inondations...) qui ont frappé le pays à plusieurs reprises ces dernières années. « Le système éducatif afghan subit actuellement une pression démographique croissante » avec le retour volontaire ou forcé de plus de 7 millions d'Afghans depuis 2023, précise l'Unesco.
L'Afghanistan se distingue comme étant le se:ul pays au monde où l'enseignement secondaire et supérieur est strictement interdit aux filles et aux femmes, rappelle également l'organisation.
Si ces interdictions persistent, elles représenteraient pour le pays qui traverse déjà une grave crise économique 9,6 milliards de dollars de perte de revenus cumulée estimée d’ici 2066, selon l'Unesco.


Beyrouth menace de suspendre les négociations directes avec Tel-Aviv